Les différents visages des Luxembourgeois

24 Juin 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Un instantané statistique en forme de piqûre de rappel à quatre mois des élections législatives.

Sur les 602.005 habitants recensés au 1er janvier au Grand-Duché, 52% possédaient la nationalité luxembourgeoise. Toutefois, derrière ce chiffre global se cachent plusieurs réalités sur une population en pleine évolution.

Fête nationale oblige, le Statec a publié en fin de semaine son traditionnel portrait de la société luxembourgeoise. Si les grandes tendances n’apportent pas de révélations fracassantes sur l’évolution de la composition de la population, elles ont le mérite de dresser un instantané statistique en forme de piqûre de rappel à quatre mois des élections législatives.

À en croire ce portrait-robot statistique 2018, le Luxembourgeois type serait une femme – 50,8% de la population -, dans la quarantaine – 41,6 ans d’âge moyen – et vivant hors des principales agglomérations du pays. Selon les données du Statec, les détenteurs de la nationalité luxembourgeoise ont 9 chances sur 10 d’être nés au Grand-Duché et 10% d’entre eux vivent hors des frontières du Grand-Duché.

Soit un profil quelque peu différent de l’autre moitié de la population résidente – 47,9% -, dont le portrait en creux dévoile des résidents principalement âgés de 30 à 54 ans, généralement diplômés de l’enseignement supérieur, avec des enfants. Les Luxembourgeois, pour leur part, redeviennent majoritaires à partir de la classe d’âge des 55 ans et plus. La moyenne d’âge des résidents étrangers se fixant ainsi à 37 ans. Soit quatre ans de moins que l’âge moyen des Luxembourgeois.

Attachés au modèle de la maison unifamiliale dotée d’un jardin, les résidents luxembourgeois vivent majoritairement hors des principaux centres urbains. Avec des phénomènes de concentration notamment dans le nord et l’est du pays, le record absolu étant enregistré à Wahl (79,6%). À l’inverse, ils ne sont que 29,2% à résider dans la capitale et 42,1% à Esch-sur-Alzette.

Un phénomène d’exode rural qui trouve ses origines à la fois dans les patrimoines familiaux, l’aisance d’intégration linguistique ou bien encore l’attachement à une certaine qualité de vie. Et donc au parti pris de s’éloigner quelque peu des principaux axes de connexion à la capitale. Corollaire de ces éléments, le prix de l’immobilier dans ces zones se révèle également plus bas, comme l’indiquent les derniers chiffres de l’Observatoire de l’habitat. À titre de comparaison, une maison à vendre au sein de la commune de Wahl est affichée en moyenne à 643.251 euros, contre 1,2 million d’euros à Luxembourg-ville.

Ce goût du dépaysement se retrouve également hors des frontières, puisque le Statec fait état de la présence de 32.521 Luxembourgeois à l’étranger en 2017, selon les données Eurostat. Soit moitié moins que les données publiées début mai par le Registre national des personnes physiques, qui recensait quelque 61.300 titulaires du passeport au lion à travers le monde.

À noter enfin que 8,8% des Luxembourgeois recensés comme tels possèdent une deuxième, voire une troisième nationalité. Principalement les nationalités portugaise, française, italienne, belge et allemande, résultat conjugué de l’histoire des migrations et de l’ouverture de la nationalité introduite par la loi de 2008, complétée par celle de 2017. Des binationaux âgés en moyenne de 25,3 ans, selon les données du Statec. Ce à quoi il faut ajouter les 9.030 naturalisations enregistrées en 2017 – contre 4.022 en 2009 -, tendance sans cesse croissante.

Autant d’éléments que le futur gouvernement devra avoir en tête lors de la mise en œuvre de sa politique. Longtemps homogène, l’électorat luxembourgeois se trouve désormais de plus en plus impacté par l’évolution de la population, marquée par des besoins différents. Voire opposés sur certains aspects. De quoi laisser présager d’importantes mutations politiques dans les années à venir.

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