Le Findel reste toujours en ébullition

26 Décembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Si le conflit au sein de l’Ana est officiellement clos, l’inconnu demeure sur l’avenir de l'administration. Celui au sein de Lux-Airport suit son cours...
Si le conflit au sein de l’Ana est officiellement clos, l’inconnu demeure sur l’avenir de l’administration. Celui au sein de Lux-Airport suit son cours...
(Photo: Mike Zenari / archives)

Si le conflit autour de l’Administration de la navigation aérienne a été résolu fin octobre, après plus d’un an de tensions vives, la situation au sein de l’aéroport n’en demeure pas moins compliquée, tant les ambitions de développement sont grandes.

Les journalistes de Paperjam vous proposent un regard personnel sur un fait marquant de l’actualité de 2017.

2017 aura été une année mouvementée pour le Findel. Non pas tant du côté des passagers qui devraient être quelque 3,5 millions à avoir emprunté l’aéroport luxembourgeois que de celui des personnels. Que ce soit ceux de l’Administration de la navigation aérienne (Ana) ou de Lux-Airport. Si les premiers sont parvenus à mettre fin à un conflit avec leur ministère de tutelle après plus d’un an de conflit ouvert qui a été jusqu’à la médiation, les seconds restent confrontés à d’importantes divergences avec leur direction. Principalement en ce qui concerne les membres du service de la sécurité.

Débuté en septembre 2016 à la volonté de François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures (MDDI), de réorganiser le fonctionnement du Findel, l’affrontement avec les fonctionnaires de l’Ana portait sur la répartition des responsabilités dans un contexte particulier. D’une part, la nécessité d’obtenir une nouvelle certification pour l’aérodrome dans le cadre de la croissance de l’aéroport en vertu des règles européennes, de l’autre l’intégration du Luxembourg dans le projet de ciel unique européen, dans un bloc qui comprendra l’Allemagne, la Belgique, le Grand-Duché et les Pays-Bas.

Nouvel organigramme «en parfaite harmonie»

Si le second aspect, décidé en 2010, n’a fait que quelques remous de la part des aiguilleurs de la Laca, qui dénonçaient notamment une perte de «souveraineté nationale», le premier s’est longtemps heurté sur le choix de la structure qui assumerait la mise en œuvre de la nouvelle certification. Et donc, de la structure qui en porterait la responsabilité. Initialement confié à l’Ana, qui devait pour l’occasion changer de nom pour devenir l’Administration de l’aérodrome et de la navigation aérienne, le choix s’est finalement porté sur Lux-Airport. Pour François Bausch, l’idée était de tirer un trait sur la direction bicéphale en place au Findel pour «mettre en place un acteur majeur au sein du Findel». Une décision contestée à la fois par l’OGBL, mais aussi par la CGFP.

Au final, un compromis a été trouvé puisque Lux-Airport a finalement pris le lead, mais avec une délégation de responsabilité à l’Ana en ce qui concerne la piste, les taxiways et les alentours immédiats. Lors de la présentation officielle de la certification, le 19 décembre dernier, les principaux acteurs se sont dits «heureux de la mise en place de nouveaux flux de communication», en évoquant notamment «un nouvel organigramme validé au sein de l’Ana qui est en parfaite harmonie».

Tensions au sein de Lux-Airport

Sans toutefois apporter de détails quant à la réorganisation interne qui a été «validée avec tous les acteurs» et dont un premier jet avait fuité. Interrogé sur l’instauration de la polyvalence des contrôleurs aériens, François Bausch avait alors indiqué qu’«un groupe de travail au sein de l’Ana a été mis en place pour parvenir à cet objectif», dont aucun horizon n’a été fixé et qui, de l’aveu-même du ministre, «ne sera pas du jour au lendemain». Quant à la collaboration technique avec la DFS, «elle suit son cours», sans plus de précision sur les engagements d’ores et déjà honorés dans le contrat signé à l’automne 2016.

Des tensions sont également présentes au sein de Lux-Airport. Engagée dans une procédure de conciliation depuis le mois de mai, la société privée détenue à 100% par l’État se retrouve régulièrement pointée du doigt par l’OGBL, syndicat majoritaire parmi les salariés, pour sa gestion du personnel. Dernier exemple en date: la mise en place, fin novembre, d’une procédure de contrôle renforcé des passagers, imposée du jour au lendemain de manière «totalement incompréhensible» selon le syndicat qui dénonce «la poursuite des violations de la loi».

Pour la direction de Lux-Airport, cette décision a été «imposée» par le MDDI. Ce que le locataire du ministère de la Place de l’Europe avait justifié par la volonté d’assurer «la sécurité des passagers». Et ce, alors même que le niveau de menace du pays n’a pas été relevé. Selon l’OGBL, les difficultés rencontrées par le personnel de Lux-Airport concernent aussi bien le manque de personnel «alors que le nombre de passagers a augmenté de 40% au cours des cinq dernières années» que «le gel des salaires». Des points que la direction de Lux-Airport assure avoir réglés, via notamment le recrutement en cours d’une trentaine de nouveaux agents dans le courant de 2018.

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