Contre-la-montre engagé face aux excès de vitesse

30 Avril 2017 Par Jean-Michel Hennebert

Le Luxembourg, comme l’ensemble des États membres de l’UE, se doit de réduire de moitié le nombre de morts sur la route d’ici à 2020 par rapport à leur niveau de 2010. Si la tendance à la baisse est bien présente, l’objectif fixé n’est pas encore à portée de main…

Alors que les chiffres officiels de la mortalité sur les routes en 2016 ne seront dévoilés que mardi, la question de l’insécurité routière devrait se faire de plus en plus présente au cours des prochaines années. Car avec 33 décès enregistrés en 2015 directement liés à un accident de la circulation, le Luxembourg n’est pas en adéquation avec ses engagements européens. Comme l’ensemble des États membres, le pays ambitionne de réduire de moitié le nombre de victimes de la route d’ici 2020 par rapport à son niveau de 2010. Une tendance qui, au niveau européen, suit son cours, puisque l’année 2016 a été celle où le moins d’automobilistes ont perdu la vie.

Mais si la courbe générale sur les 15 dernières années est conforme aux ambitions revendiquées, les données changent quelque peu entre 2010 et 2016. De l’aveu même de la Commission européenne, la baisse enregistrée est jugée «encourageante», mais «insuffisante pour permettre à l’UE d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé». Une fois n’est pas coutume, le Luxembourg ne déroge pas à la règle et peine également à réduire non seulement le nombre de victimes sur ses routes, mais aussi celui des blessés graves ou des personnes accidentées. Ce phénomène s’observe particulièrement au cours des cinq dernières années.

Pour tenter de changer la donne, le gouvernement a notamment déclaré la question de la sécurité routière comme une «priorité nationale», à savoir un phénomène aux conséquences humaines et sociétales perçu comme inacceptable. Depuis avril 2015, l’ensemble des ministères coordonne leurs actions afin de mettre en place «une politique de sécurité routière durable» via des efforts aussi bien en matière de prévention, d’infrastructures que de sanctions. La partie la plus visible de ce plan d’action intergouvernemental a été le dépôt à la Chambre d’un ensemble de 29 mesures. Que ces dernières soient concrètes comme la mise en service des radars fixes en passant par les réflexions autour de la baisse de la vitesse hors agglomération ou de l’introduction d’un «alcolock» destiné à empêcher l’utilisation d’un véhicule sous l’emprise de l’alcool.

Selon les données de la Sécurité routière, les principales causes de mortalité sur la route restent la vitesse par temps sec, la consommation d’alcool et le non-port de la ceinture de sécurité. Et sans surprise, les principales victimes sont les conducteurs – que ce soit de voiture ou de deux-roues -, même si les piétons sont de plus en plus impactés.

Pour tenter de remédier à la situation et faire changer les comportements des automobilistes, d’autres pistes sont également en cours d’analyse. C’est le cas notamment, au Grand-Duché, de l’implantation future de radars-tronçons, capables de calculer une vitesse moyenne sur une zone déterminée, ou de radars feux-rouges, destinés à sanctionner le non-respect des signaux de circulation. Des dispositifs qui devraient voir le jour dans le courant 2018, selon les dernières informations du ministère du Développement durable et des Infrastructures.

Au niveau européen, un système «eCall» destiné à alerter les secours en cas d’accident grave devrait être introduit dans tous les nouveaux types de véhicules, à partir de mars 2018. La Commission réfléchit également à une refonte de la formation des chauffeurs professionnels, tandis que les ministres des Transports de huit pays (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Irlande, Italie, Luxembourg et Pays-Bas) ont demandé la reconnaissance des suspensions des permis d’un pays de l’UE à l’autre. Une demande restée à ce jour lettre morte.

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