Un voyage intégré dans «un projet de longue haleine»

10 Avril 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Yves Elsen
Pour Yves Elsen, directeur général d’Hitech et président du Luxembourg Space Cluster, les retombées concrètes du projet de space mining sont attendues d’ici «une quinzaine d’années».
(Photo: Mike Zenari/archives)

Comme une douzaine d’autres représentants d’entreprises, Yves Elsen participe à la mission économique dédiée au space mining qui se déroule de dimanche à jeudi sur la côte ouest américaine. Explication des enjeux par le président du Luxembourg Space Cluster.

Monsieur Elsen, quelles sont vos attentes dans le cadre de cette mission économique dédiée à l’initiative luxembourgeoise d’exploitation spatiale?

«Il s’agit premièrement de voir la réalité du terrain. Car si le space mining est un sujet novateur au Luxembourg, il se peut que certains en Californie aient déjà deux ou trois années d’avance dans le traitement de ce sujet. Ce voyage peut donc nous donner des idées concrètes, mais aussi permettre de voir les étapes qui restent encore à faire. Le ministre a bien déposé un projet de loi, mais nous avons aussi des compétences dans les centres de recherche publics, dont celui de l’Uni (Yves Elsen est aussi président du conseil de gouvernance de l'Uni, NDLR), dans des domaines qui peuvent être très importants stratégiquement parlant. Notamment pour lancer des missions sur les astéroïdes à partir de Luxembourg.

La liste des sociétés à visiter est aussi variée que longue. Le but est-il de toutes les faire venir au Luxembourg d’une manière ou d’une autre ou de nouer d’autres liens?

«Je crois que c’est un objectif multiple. D’un côté, il s’agit de montrer aux gens qui nous accompagnent, comme les représentants des médias, que les présentations et les annonces qui ont été faites se basent sur des réalisations de terrain. D’un autre côté, c’est aussi une très belle démonstration de la diversité des compétences requises pour mener à bien des projets d’exploration d’astéroïdes. Il faut avoir des centres dédiés ou des robots, mais aussi des compétences dans le domaine des astéroïdes - comme c’est le cas de la Fondation B612 – ou dans celui des TIC. Nous avons donc besoin de beaucoup de choses qui se rejoignent dans ce domaine. Il y a aussi des contacts qui existent depuis très longtemps et qui pourront aussi être renforcés et renouvelés. Une partie des visites se fait d’ailleurs dans des entreprises qui sont déjà installées à Luxembourg, c’est donc aussi une sorte d’hommage.

À quelle échéance pensez-vous qu’interviendront les retombées de ce voyage?

«C’est un projet de longue haleine, avec une approche pas à pas. Je crois qu’il faut commencer à concevoir des choses à développer. Il faut aussi avoir déjà des développements qui peuvent être expérimentés, soit sur Terre, soit en orbite basse autour de la Terre et ainsi se construire la compétence pour aller vraiment vers l’objectif des astéroïdes et peut-être aussi la Lune. Je crois qu’avec la plus récente des annonces que le ministère a pu faire, il y a beaucoup de choses à faire à ce niveau-là. Il faut passer les différents échelons – comme on dit en recherche – du ‘technology readiness level’. Et donc je crois que là on est plutôt au bas de l’échelle. Et maintenant il faut grimper marche par marche. Selon moi, l’horizon des premiers résultats concrets reste toujours fixé à une quinzaine d’années.»

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