«Travailler de manière plus collaborative»

19 Avril 2018 Par Paperjam Club
David Determe Betic ingénieurs-conseils
David Determe: «Le design et l’architecture contribuent à bâtir des villes créatives et durables, s’ils sont mobilisés autour d’un processus ouvert et global de conception.»
(Photo: Betic Ingénieurs-Conseils)

En amont du «10x6 Architecture: Innovation & Sustainability» organisé par le Paperjam Club le mercredi 25 avril 2018, l’un des orateurs, David Determe (Betic Ingénieurs-Conseils), expose sa vision des enjeux d’une architecture novatrice et soutenable.

Monsieur Determe, comment la durabilité impacte-t-elle le marché de l’architecture? Est-ce un facteur de différenciation, une valeur ajoutée, ou une contrainte?

«La ville durable, dont l’objectif est de limiter les impacts négatifs dans les domaines de la consommation d’énergie, mais aussi sur les ressources naturelles ou humaines, pousse tous les acteurs de la construction à sortir de leurs retranchements et à travailler de manière plus collaborative.

La durabilité reposant sur des objectifs énergétiques (réduction ou suppression des besoins en énergies fossiles, orientation sur des énergies renouvelables…), environnementaux (réduction de la consommation, gestion de la biodiversité...) et économiques (viabilité, développement de filières courtes…), la conception technique est davantage prise en compte par les architectes dans la phase de conception esthétique des bâtiments. Donc une contrainte, oui, certainement.

La durabilité est un réel facteur de différenciation et une valeur ajoutée.

David Determe, Betic Ingénieurs-Conseils

Cependant, à mon sens, le design et l’architecture contribuent à bâtir des villes créatives et durables, s’ils sont mobilisés autour d’un processus ouvert et global de conception. Ce processus dépend de l’existence d’un projet urbain fort tourné vers l’avenir, de la mobilisation des intervenants, mais aussi des élus, ou encore de la participation des citoyens. C’est grâce à ces conditions que l’architecture peut mettre en avant l’esthétique des bâtiments en y incluant l’amélioration des modes de vie. La durabilité est alors un réel facteur de différenciation et une valeur ajoutée.

Les trois projets (Grünewald, Kiem et JFK Sud) lancés par le Fonds Kirchberg via un processus de co-création, qui introduit l’économie circulaire et le principe du cradle to cradle, en sont une très bonne illustration.

Comment intégrez-vous le «recyclage» de bâtiments dans votre réflexion de construction?

«L’analyse complète du cycle de vie du bâtiment n’était pas systématique hier, mais l’est, ou du moins le devient, aujourd’hui. C’est donc au stade de la planification que nous déterminons les possibilités d’exploitation à long terme, la reconversion éventuelle du bâtiment ou son élimination à long terme.

Les matériaux utilisés dans la construction ont des effets mesurables sur la santé humaine et sur l’environnement. C’est pourquoi nous travaillons à mettre en place des techniques dénuées de substances nocives et à développer les sources d’énergie renouvelable pour que les bâtiments soient a minima autosuffisants.

Un exemple parlant pourrait être le projet du Lycée technique pour professions de santé, situé à Ettelbruck. Initié par l’Administration des bâtiments publics, le lycée a été conçu selon les principes définis pour les constructions à ‘énergie positive’ mais intègre également, dans sa conception, l’énergie grise, à savoir l’énergie primaire non renouvelable nécessaire à sa construction et à sa démolition. Il produira également plus d’énergie qu’il n’en consommera.

Je suis convaincu que c’est vers ce modèle qu’il faut tendre.

Comment doit-on penser la résilience urbaine aujourd’hui?

«Les villes résilientes sont conçues ou adaptées pour anticiper les conséquences négatives des crises sur l’ensemble du territoire. L’innovation dans la construction et la reconversion urbaine permettent de réduire l’impact économique, social et écologique des crises en devançant les changements de société. 

Penser la résilience, c’est finalement penser la ville créative’. J’entends par là initier des projets structurants qui intègrent les logiques actuelles et futures de l’habitant, dans ses pratiques quotidiennes et dans ses représentations du territoire.

C’est grâce à des réflexions communes et participatives que nous pourrons appréhender les enjeux de demain et y apporter des solutions.

David Determe, Betic Ingénieurs-Conseils

Il faut ainsi instaurer un environnement propice à toutes les formes de créativité et d’innovation, qu’elles soient artistiques, culturelles, sociales ou technologiques, pour ensuite faire germer ces idées et les transformer en projets concrets.

Je pense notamment à la Cité numérique de Montréal, qui accueille le premier ‘Living Lab nord-américain et qui travaille sur la co-création et les méthodologies d’innovation ouverte en mobilisant créateurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens. C’est grâce à des réflexions communes et participatives de ce type que nous pourrons appréhender les enjeux de demain et y apporter des solutions.»

Les inscriptions au «10x6 Architecture: Innovation & Sustainability» sont ouvertes sur le site du Paperjam Club.

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