«Rapprocher les jeunes lycéens du terrain»

12 Juillet 2017 Par Jonas Mercier
Marc Muller
L’offre d’interventions externes très pragmatiques pour les lycéens est large et variée, mais il faudrait la structurer en créant une asbl ou fondation qui puisse la rendre lisible pour tous les acteurs de l’éducation, estime Marc Muller.
(Photo: Marion Dessard / archives)

La Conférence nationale des professeurs de sciences économiques et sociales (CNPSES) remettra ce mercredi ses prix annuels aux 40 lycéens les plus brillants dans ces matières. L’occasion de revenir sur l’importance d’enseigner une économie réelle durant le cycle secondaire.

Monsieur Muller, on parle beaucoup des filières technologiques pour combler le manque de profils dans ce secteur. Mais quelle est la situation dans les sections sciences économiques et sociales et comment ces matières peuvent-elles encourager l’entrepreneuriat?

«Les filières économiques et sociales rassemblent plus de 40% des bacheliers de l’enseignement classique. Elles connaissent un vrai succès. Pourtant les élèves n’ont aucun contact direct avec ces matières avant de faire le choix de leur section en vue de la classe de 3e. Pour cette raison, la CNPSES argumente en faveur d’un cours d’économie (découverte, initiation, culture générale...) pour tous en classe de 4e, ou 9e pour les lycées techniques, qui faciliterait certainement l’orientation des élèves.

Une fois au lycée, les professeurs d’économie soutiennent activement toutes les activités de l’asbl Jonk Entrepreneuren (mini-entreprises, Job Shadow Day, Innovation Camp...) et intègrent dans leurs cours le module de deux heures sur l’entrepreneuriat élaboré et offert par la Chambre de commerce et la House of Entrepreneurship.

Nous essayons ainsi d’être proches de la réalité du terrain.

Marc Muller, président de la CNPSES

La CNPSES soigne par ailleurs toutes ses coopérations avec des acteurs comme la Chambre des salariés, le Statec, la Banque centrale, etc. pour proposer des formations continues aux enseignants et élaborer de nouveaux modules destinés aux élèves.

Nous essayons ainsi d’être proches de la réalité du terrain en présentant aux jeunes les différents secteurs et activités économiques, indépendamment des sections qu’ils choisissent.

Justement, cette offre de modules externes très pragmatiques doit-elle être mieux structurée?

«En effet, il faudrait structurer cette offre en créant une nouvelle asbl ou fondation qui regroupe toutes les initiatives d’intervenants externes qui veulent présenter leurs activités dans les lycées. Les initiatives sont très, voire trop nombreuses et personne ne réussit à avoir une vue d’ensemble, ni les lycées ni les ministères, et surtout pas les élèves à qui elles sont destinées.

Une telle asbl ou fondation permettrait d’élaborer de façon centralisée un calendrier annuel des projets, d’en perfectionner l’approche pédagogique, d’imposer des codes de ‘bonne conduite’ aux intervenants, de communiquer les projets de façon structurée aux directions des lycées et de garantir un même niveau de qualité.

Toutes ces initiatives pourraient alors être présentées sur un site internet interactif et les projets seraient adaptés aux évolutions des technologies et de l’économie. La centralisation permettrait également au ministère de l’Éducation nationale ainsi qu’aux lycées d’avoir enfin une vue d’ensemble afin d’éviter tout abus éventuel.

Cela permettra-t-il de faire comprendre aux jeunes les visions de start-up nation et de leur donner le goût d’embrasser des carrières dans de «nouveaux» secteurs tels que le spatial?

«Oui, car ces partenariats seront faits avec des acteurs du terrain, comme les différents clusters que l’on compte au Luxembourg ou la Fedil pour profiter de leur projet ‘Hello Future’, qui vise à intéresser les jeunes aux carrières d’ingénieur.

Par contre, il faudrait plus de soutien de la part des ministères de l’Éducation nationale et de l’Économie pour véhiculer auprès des jeunes l’évolution du monde économique et donc des secteurs et des emplois, ainsi que l’importance de l’entrepreneuriat. Car il s’agit d’accentuer encore leur créativité, leur goût du risque et leur plaisir d’entreprendre.»

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