«Parler du sida reste un tabou»

08 Octobre 2018 Par Jamila Boudou
Le service HIV Berodung fête ses 30 ans d’existence. 30 ans de prévention et de prise en charge des personnes atteintes du VIH.
Le service HIV Berodung fête ses 30 ans d’existence. 30 ans de prévention et de prise en charge des personnes atteintes du VIH.
(Photo: Croix-Rouge Luxembourg)

Le vendredi 5 octobre, la HIV Berodung a fêté ses 30 ans. Le service de la Croix-Rouge est actif dans la prévention, l’écoute et la prise en charge en matière de maladies sexuellement transmissibles (hépatites, IST, VIH). Malgré la prévention, de nouvelles infections sont enregistrées chaque année.

Madame Kubaj, quelles sont les missions de la HIV Berodung?

«Notre service, autrefois appelé ‘Aidsberodung’, a été fondé en 1988 pour accompagner les personnes atteintes du sida en fin de vie. Aujourd’hui, la HIV Berodung accompagne les personnes atteintes du VIH en cours de vie. Nous menons aussi des actions de lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes par le virus. Et ce dans le but d’améliorer leur qualité de vie.

Nous sensibilisons aussi la population pour prévenir des nouvelles infections aux VIH, hépatites et IST. Nous offrons un service d’écoute et de dépistage gratuit et anonyme. Parler du sida reste un tabou. Nous voulons ouvrir la parole et surtout faire en sorte que les gestes de protection en situation à risque deviennent un réflexe.

Le VIH continue-t-il de se répandre au Luxembourg?

«Oui. Selon nos derniers chiffres, 101 infections ont été enregistrées en 2017, dont 60 nouvelles infections. La tranche d’âge 20-45 ans est très représentée. Mais les plus de 45 ans aussi. Encore aujourd’hui, beaucoup de personnes ne se sentent pas concernées par le virus. Beaucoup ne connaissent pas non plus les voies de transmission. D’où l’importance de la prévention grand public.

Qu’attendez-vous des autorités pour faire avancer l’action sur le terrain?

«De manière générale, les échanges ont toujours été bons avec les autorités et les acteurs de terrain. Néanmoins, nous plaidons pour l’accès aux soins et au logement pour tous.

Parmi les séropositifs, il y a des usagers de drogues, sans adresse, qui n’ont pas accès aux soins. Or, les traitements sont indispensables. Tout comme le dépistage. Car ils permettent à la fois de ne plus transmettre le virus et de préserver le système immunitaire des personnes infectées.»

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Le sida a connu une très légère baisse au Luxembourg au cours de l'année 2015. L'an dernier, le Comité de surveillance du sida a en effet observé 94 nouveaux cas d'infection par le VIH, deux de moins à peine qu'en 2014. Ces nouveaux cas d'infection ont touché 67 hommes et 27 femmes. La tranche d'âge la plus touchée est celle des 26-35 ans (35 cas), suivie des 36-44 ans (22 cas). Le Comité de surveillance souligne aussi que le problème touche désormais plus particulièrement les usagers de drogue.