«Nous avons encore un retard à combler»

29 Septembre 2017 Par Paperjam.lu
Gabriel Bleser
«Nous sommes aussi face à des positions plus dominantes de certaines entreprises», note Me Gabriel Bleser.
(Photo: Maison moderne / archives)

L’Association luxembourgeoise pour l’étude du droit de la concurrence (Aledc) organise le mardi 3 octobre la 3e journée dédiée au droit de la concurrence appliqué au Luxembourg. Un enjeu encore mal compris de la part des PME que le président de l’association détaille.

Me Bleser, comment a été tissé le fil rouge de cette 3e édition?

«Dix ans après la loi-cadre de 2004, nous constatons que nous avons toujours un retard au Luxembourg par rapport à la connaissance des règles du droit à la concurrence. Nous avons donc choisi pour ce 3e événement, concordant avec les dix ans de notre association, d’effectuer un panorama sur la thématique pour sensibiliser le public et un maximum les entreprises au sujet. Car nous constatons malheureusement que les entreprises s’intéressent à la concurrence lorsqu’elles sont déjà dans le collimateur du conseil de la concurrence.

Certains secteurs sont-ils davantage concernés au Luxembourg?

«Il y a naturellement des problématiques à avoir à l’esprit autour des marchés publics ainsi que du secteur de la construction. La mise en association momentanée de deux entreprises nécessite une certaine prudence. Nous sommes aussi face à des positions plus dominantes de certaines entreprises comme dans le secteur des télécommunications. Je pense aussi au secteur médiatique où l’aide à la presse favorise certains grands acteurs et crée, à mon avis, une forme de distorsion. Le secteur de la santé reste quant à lui tabou, eu égard à la position de certains organismes comme le Laboratoire national de santé ou encore les médecins, qui exercent à la fois comme profession libérale, mais avec des tarifications conventionnées.

Vous lancez donc un appel aux entreprises via cette conférence…

«Cet événement se conçoit comme une mise à jour sur la matière par des intervenants chevronnés et à la lumière des cas concrets. Nous devons éviter de rencontrer les entreprises lorsqu’il est trop tard, d’autant plus que la matière touche directement à la réputation. Le droit de la concurrence devrait intéresser toute entreprise, par exemple pour s’assurer qu’elle n’est pas face à une position dominante et qu’elle peut se défendre proprement.»

Infos: competitionassociation.lu

La rédaction a choisi pour vous

«Le Grand-Duché constitue une plateforme très intéressante pour les fintech», analyse Luc Holper, managing director chez Six Payment Services.

06:00

Entre innovations technologiques et évolution des attentes des clients comme des marchands, le secteur financier voit émerger de nouveaux moyens de paiement. Quels sont-ils? Et que peut offrir le Luxembourg à ceux qui les développent?