«On ne peut plus passer à côté de l’A31 bis»

27 Septembre 2018 Par Ioanna Schimizzi
«Le temps de travail atypique et le co-voiturage, permettraient également, entre autres solutions, de fluidifier les flux», explique Pierre Cuny.
«Le temps de travail atypique et le covoiturage permettraient également, entre autres solutions, de fluidifier le tout», explique Pierre Cuny.
(Photo: Patricia Pitsch / Maison Moderne)

Les services de l’État l’ont réaffirmé vendredi, l’A31 bis sera construite via une concession sur la portion Thionville-Luxembourg. Pierre Cuny, maire de Thionville (Divers droite) et président de la communauté d’agglomération Portes de France-Thionville, estime qu’un effort devra être fait pour les frontaliers qui emprunteront ce péage quotidiennement.

Monsieur Cuny, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Grand Est l’a réaffirmé aux parlementaires mosellans réunis en préfecture vendredi, l’État fait le choix, pour l’élargissement de l’A31, de passer par une concession, et donc un péage. Un choix inéluctable? 

«Nous sommes aujourd’hui face à deux défis: l’élargissement de l’A31 sur la portion Thionville-Luxembourg est aujourd’hui une priorité, le nombre de frontaliers attendus dans les prochaines années étant colossal. Mais les caisses de l’État français ne peuvent pas supporter cet investissement estimé entre 500 et 600 millions d’euros. La construction sera donc réalisée par une société privée, et cela signifie effectivement l’installation d’un péage. Ce qui est positif, c’est que, pour la première fois, le projet de l’A31 bis est sur le haut de la pile dans les dossiers prioritaires du gouvernement français.

Ce qui signifie que les frontaliers se rendant tous les jours au Luxembourg pour travailler devront payer ce péage?

«Pour l’instant, rien n’est décidé. La prochaine étape est l’enquête publique qui sera lancée prochainement dans les villes concernées par les quatre options de tracé validées par le préfet de la région Grand Est début juillet, soit Florange, Terville et Illange. Il est certain qu’une solution doit être trouvée pour les dizaines de milliers de travailleurs qui passent la frontière tous les jours. Parmi les pistes envisagées, une écotaxe pour les poids lourds pourrait notamment être mise en place, ou un péage à l’euro symbolique pour les frontaliers.

La route ne doit pas être l’unique solution.

Pierre Cuny, maire de Thionville

Les études prédisent plus de 260.000 frontaliers à l’horizon 2035, c’est colossal. Et sachant qu’aujourd’hui, ce sont environ 80.000 voitures qui circulent tous les jours sur l’A31, on peut s’attendre à une augmentation significative. La réalisation de l’A31 bis ne devrait pas être effective avant 2025, voire 2028, et dès lors, nous aurons déjà 10 ans de retard, nous ne pouvons plus passer à côté.

D’autres alternatives ne peuvent-elles pas être envisagées?

«La route ne doit pas être l’unique solution, c’est certain. Il faut vraiment repenser toute la notion du travail transfrontalier. Seulement 6% des frontaliers font du télétravail, c’est beaucoup trop peu, alors que cela désengorgerait les routes. Le temps de travail atypique permettrait également de fluidifier le tout, et bien évidemment le covoiturage. Pourquoi ne pas envisager une déduction fiscale pour encourager le plus grand nombre? Si l’on arrivait à faire transporter deux ou trois personnes par véhicule, au lieu d’une dans la majorité des cas actuellement, cela changerait énormément les choses également. Il faut que l’on mette en place plusieurs petites solutions pour améliorer la situation.»

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