«L’innovation ne se fait jamais pour soi et par soi»

29 Juin 2018 Par Paperjam Club
Nicolas Sanitas
«Les entreprises doivent faire évoluer leur vision de l’innovation, qui est encore trop souvent vue comme un coût.»
(Photo: DR)

Suite au 10x6 Business Innovation organisé par le Paperjam Club le mercredi 27 juin 2018, l’un des orateurs, Nicolas Sanitas (Intech), nous explique sa vision des actions, tremplins et démarches de l’innovation.

Monsieur Sanitas, quels sont les leviers que les entreprises peuvent – et doivent – actionner pour s’engager dans des démarches d’innovation?

«L’innovation ne se fait jamais pour soi et par soi. Je pense que toute entreprise désireuse d’innover doit avant tout se tourner vers l’extérieur afin d’y trouver de l’inspiration, des challenges et de la confrontation d’idées. Il existe de nombreuses manières de s’ouvrir aux problématiques extérieures, capables de challenger vos capacités d’innovation. Je souhaiterais mettre l’accent sur deux d’entre elles.

Tout d’abord, les entreprises peuvent se rapprocher d’un incubateur afin de rentrer en contact avec des start-up. L’innovation est l’essence même de ces structures; et en les aidant à tacler les sujets qu’elles affrontent, les entreprises seront de fait dans une posture d’innovation.

Les hackathons, qu’ils soient privés, c’est-à-dire réservés aux collaborateurs d’une société, ou ouverts à tous, sont aussi un très bon moyen d’exercer ses capacités à se remettre en question et à penser hors du cadre, c’est-à-dire à innover.

Comment faire en sorte que l’échec constitue un tremplin et non un frein à une démarche d’innovation?

«Thomas Edison disait: ‘Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas.’ Sous cet éclairage, l’échec peut être vu comme étant partie prenante de l’innovation.

Les créateurs de start-up l’ont parfaitement intégré: ils sont perpétuellement exposés à l’échec, et 50% d’entre eux verront leur projet échouer au bout de quatre ans. Il faut que nos entreprises aient le goût du risque au moment d’innover, et qu’elles s’inspirent pour ce faire des start-up, dont l’innovation est le moteur.   

L’innovation est un processus exploratoire et continu, qui peut difficilement être formalisé. Dans ce contexte, l’échec n’est pas un état final sur lequel on doit se complaindre; il est simplement une fausse route, de laquelle on se doit de sortir, non sans tirer des enseignements.

Est-il aisé de financer des démarches d’innovation?

«Aujourd’hui, une entreprise performante ne se pose plus de questions quant à la formation de ses salariés: elle a compris que sa compétitivité passait par le fait d’avoir des collaborateurs qui sont formés en continu, afin de faire croître leur niveau d’expertise. La formation dans ce cas n’est plus vue comme un coût, mais comme un investissement.

Les entreprises doivent faire évoluer leur vision de l’innovation, qui est encore trop souvent vue comme un coût; peut-être est-ce simplement parce que le calcul de son ROI est plus difficile que celui de la formation, par exemple.  

Il est temps de mettre en place des mécanismes de mesure de l’efficacité de l’innovation. Ainsi, elle pourra être mise sur le même plan que la formation, et dès lors ne plus être considérée comme un coût, mais comme un investissement… qui aura toute sa place dans un budget.»

Vous pouvez retrouver les photos de l’événement 10x6 Business Innovation sur le site du Paperjam Club.

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