«Les quotas dans les listes ne suffisent pas»

24 Octobre 2018 Par Jonas Mercier
Isabelle Schmoetten, chargée de projets sociopolitique pour le CID
«Dans la lettre que nous avons envoyée au formateur du futur gouvernement, nous insistons pour que le futur ministère de l’Égalité des chances ait plus de poids que lors de la précédente législature», indique Isabelle Schmoetten, chargée de projets sociopolitique pour le CID.
(Photo: CID)

Après le Conseil national des femmes en début de semaine, le Centre d’information et de documentation – femmes et genre (CID) a appelé à faire des efforts sur la parité en politique, notamment au sein du futur gouvernement.

Madame Schmoetten, le CID a envoyé une lettre au formateur en charge de la formation du futur gouvernement, Xavier Bettel. Que lui demandez-vous exactement?

«Nous lui demandons de prendre en compte la parité dans la prochaine équipe dirigeante, c’est-à-dire qu’il y ait autant de femmes que d’hommes au gouvernement. Nous insistons également pour que le futur ministère de l’Égalité des chances ait plus de poids que lors de la précédente législature, et donc plus de financement, pour pouvoir traiter ce sujet de manière transversale avec les autres ministères.

Les citoyens élisent le Parlement, mais pas le gouvernement. C’est donc de la responsabilité de M. Bettel de veiller à ces questions. Il peut par exemple promouvoir à des postes ministériels les femmes qui ont réalisé des bons scores aux élections, mais qui n’ont pas été élues au Parlement. Ou s’il nomme des députés au gouvernement, il peut les remplacer à la Chambre par des femmes.

Des efforts ont déjà été faits lors de la précédente législature. Il faut donc continuer?

«Nous savons qu’un des groupes de travail formés pour préparer les discussions de la future coalition traite des questions sociales, de la famille, de la santé et de l’égalité des chances. C’est une très bonne chose, car des acteurs de la société civile vont être invités, ce qui montre que les politiques sont à l’écoute. Mais nous devons nous assurer que le sujet de l’égalité des chances hommes/femmes ne soit pas noyé par les nombreuses autres questions qui seront abordées dans ce groupe. Nous pensons que c’est le bon moment pour rappeler cette priorité.

Si on n’entend ni ne voit les femmes durant la campagne, il est clair qu’on ne va pas voter pour elles.

Isabelle Schmoetten, chargée de projets sociopolitique au Centre d’information et de documentation – femmes et genre

Malgré une parité quasiment parfaite dans les listes électorales des partis, le Parlement nouvellement élu n’accueille que 20% de femmes. Pourquoi, selon vous?

«Certains disent que les électeurs estiment tout simplement que les femmes ne sont pas assez compétentes ou sympathiques. Mais si l’on a suivi les débats et les interventions dans les médias organisés avant les élections, on se rend compte que très peu de femmes ont été mises en valeur. Les affiches électorales ont également fait la part belle aux hommes, hormis Déi Gréng et Déi Lénk, qui ont été plus équilibrés à ce niveau-là.

Si on n’entend ni ne voit les femmes durant la campagne, il est clair qu’on ne va pas voter pour elles. Les électeurs veulent savoir qui ils élisent; or, ils n’ont pas forcément le temps de faire des recherches approfondies. La médiatisation est donc essentielle. Le respect des quotas de 40% de femmes dans les listes des partis est une très bonne chose, mais il faut admettre que cela ne suffit pas.»

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