«Les frontaliers dépensent leur argent dans leur pays»

28 Juin 2018 Par Ioanna Schimizzi
Muse à Metz
L’arrivée du centre commercial Muse à Metz, en novembre dernier, n’a pas eu «d’impact majeur» sur les commerces du centre-ville, explique Pascal Schons, directeur de la Fédération des commerçants de Metz.
(Illustration: Apsys)

Les soldes d’été ont débuté en Lorraine ce mercredi, comme dans la plupart des régions françaises. Au Luxembourg, la vague des promotions sera lancée ce vendredi. Pascal Schons, directeur de la Fédération des commerçants de Metz, fait le point sur les enjeux et les défis du secteur.

Monsieur Schons, les soldes d’été ont débuté ce mercredi en Lorraine, seulement deux jours avant ceux du Luxembourg. Craignez-vous une concurrence plus forte de la part du Grand-duché sur cette période? 

«D’un point de vue général, les soldes d’été sont moins importants en termes de chiffre d’affaires généré que les soldes d’hiver. L’hiver dernier, nos soldes ont débuté le 2 janvier, et le Grand-Duché avait anticipé en démarrant les siens dès le 29 décembre. Si les soldes d’été représentaient un enjeu important, je pense que les commerçants luxembourgeois auraient là encore anticipé, ce qui n’est pas le cas. Pour certains commerçants messins, les soldes d’été représentent une part importante de leur activité, mais ce n’est pas le cas pour la majorité d’entre eux.

 Pascal Schons est le directeur de la fédération des commerçants de Metz depuis octobre 2016 (photo: DR)

De nouvelles zones commerciales (la Cloche d’Or, les galeries marchandes du Royal-Hamilius, ou encore l’extension du City Concorde) seront opérationnelles dans quelques mois au Luxembourg. Êtes-vous inquiet de leur arrivée?

«Jusqu’à présent, la balance commerciale était plus favorable à la France, les frontaliers dépensant leur argent dans leur pays d’habitation. Avec l’arrivée de nouveaux centres commerciaux au Grand-duché, le Luxembourg espère que ces travailleurs feront leurs courses avant de rentrer chez eux. Il y aura probablement un impact, mais pour des zones équivalentes comme le Linkling près de Thionville, Waves Actisud ou Marques Avenue.

Mais je ne suis pas inquiet pour le centre-ville de Metz, nous ne visons pas les mêmes clientèles. Notre ville a des atouts que n’a pas un centre commercial: c’est une destination touristique, avec la Cathédrale, le cœur de ville historique. Nous pouvons l’observer depuis l’ouverture de Muse en novembre dernier. Bien sûr, les deux premiers mois, il y a eu un effet de curiosité, mais les commerçants du centre-ville ne sont pas, dans leur majorité, impactés par ce nouveau centre commercial situé près de la gare. D’autres, qui sont en concurrence directe avec Primark (présent à Muse depuis mars dernier, ndlr), sont un peu plus en difficulté.

Ces soldes d’été se finiront le 7 août en France. Leur durée sera raccourcie de six à quatre semaines lors des prochains soldes d’hiver. Les commerçants messins étaient-ils favorables à ce délai réduit?

«Je dois dire que nous n’avons pas eu de levée de boucliers de la part des adhérents de la fédération. Je ne pense pas qu’il y aura un impact sur ce passage de six à quatre semaines. Les deux dernières semaines n’amènent pas forcément de ventes supplémentaires. Les soldes sont toujours utiles, mais aujourd’hui, le secteur du commerce est dans une telle évolution qu’il faut que nous nous remettions en cause. Internet, les ventes privées, les «black Friday», tout cela change les modes de consommation, et nous, commerçants de centre-ville, devons réagir. Il faut repenser nos commerces avec internet, les réseaux sociaux… Mais il y a encore du travail à faire.»

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