«Les entreprises doivent communiquer sur leurs besoins»

24 Avril 2018 Par Audrey Somnard
Isabelle Schlesser
Isabelle Schlesser, directrice de l’Adem, souhaite que les entreprises communiquent plus sur leurs besoins en main-d’œuvre.
(Photo: Adem)

L’Adem a donné des chiffres plutôt encourageants lundi lors de la présentation des résultats de 2017. Sa directrice, Isabelle Schlesser, revient sur le rôle des entreprises dans la lutte contre le chômage.

Madame Schlesser, malgré la décrue du chômage, trois catégories de demandeurs d’emploi profitent moins de cette baisse, dont les personnes avec un diplôme de l’enseignement supérieur. Comment l’expliquez-vous?

«C’est un peu une surprise parce que cette catégorie ne s’était jamais détachée jusque-là. Ces chômeurs diplômés restent néanmoins moins longtemps au chômage – moins d’un an en moyenne –, mais il faut faire une offre spécialisée pour cette catégorie. Nous avons un conseiller spécialisé, mais ce n’est pas assez.

Cela touche surtout les jeunes diplômés qui ont des formations généralistes. On leur demande souvent une expérience qui les a spécialisés. Il faut être flexible, car au cours de la carrière, une spécialité demandée peut ne plus être intéressante pour les employeurs au bout de quelques années. Il faut désormais s’attendre à se former tout au long de la vie, et être flexible.

Nous allons présenter le mois prochain une étude effectuée avec le Liser pour mieux comprendre ce phénomène et identifier les métiers qui sont les plus recherchés par les employeurs.

De nombreuses offres restent non pourvues.

Isabelle Schlesser, directrice de l’Adem

Vous avez introduit en août 2017 des emplois d’insertion avec remboursement de coût salarial par l’État. 99 demandes pour la création de ces nouveaux emplois d’insertion ont été introduites. Cela correspond-il à vos attentes?

«Disons que c’est un bon début. En 2018, nous avons 400 postes de disponibles avec le budget qui va avec. C’est beaucoup. Nous organisons le 17 mai prochain une ‘journée diversité’ pour faire la promotion de ces types de contrats à nos cibles, le monde social et associatif, avec des sessions de job dating.

Le principal problème, c’est que les employeurs concernés ne connaissent pas ce dispositif alors qu’ils y ont droit, il y a un effort à fournir de notre part pour faire connaître ce contrat qui lutte contre le chômage de longue durée.

Vous avez également lancé en 2017 le programme «Entreprises, partenaires pour l’emploi» avec l’UEL. Quel est le rôle des entreprises vis-à-vis de l’Adem?

«Les trois prochaines années vont être dédiées à nous occuper des métiers en pénurie de main-d’œuvre. De nombreuses offres restent non pourvues, en particulier dans les secteurs de la finance, des banques et de l’IT. Notre rôle est d’analyser les grandes tendances, mais nous ne pourrons le faire qu’avec l’aide des entreprises. Ces dernières doivent mieux communiquer sur leurs besoins, et si possible en amont, pour que nous puissions adapter les formations par exemple.»

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