«Le design pose des questions sociétales»

19 Octobre 2018 Par France Clarinval
Anna Loporcaro entend, à travers Design City, apporter de nouvelles définitions du design.
(Photo: Mike Zenari/archives)

Le coup d’envoi de la biennale Design City est donné ce vendredi. Pendant un mois, une série d’expositions, d’interventions urbaines, de colloques et de rencontres seront organisés dans la capitale.

La cinquième édition du Design City LX Festival, organisé par le Mudam Luxembourg et la Ville de Luxembourg, s’ouvre ce vendredi soir, avec l’inauguration des bancs publics conçus par Max Steffen, réalisés au Luxembourg et installés à la place du Théâtre et le vernissage de l'exposition Beyond the new au Mudam. Anna Loporcaro, commissaire de la manifestation, nous en dit plus. 

À chaque édition, Design City met une thématique en avant. Quelle est-elle cette année?

«Le titre général est ‘Me craft − You industry − We design’. L’idée est de mettre en évidence les liens entre artisanat et industrie, qui passent par l’idée de conception, de processus, et donc de design. Le design est ce qui génère un dialogue entre les contraires, entre tradition et modernité. Au fur et à mesure des éditions, Design City a eu pour ambition d’apporter des définitions à ce qu’est le design. Cela va évidemment plus loin que la création d’une chaise ou d’une typo. Le design comprend finalement tout ce qui nous entoure, et c’est une économie en soi. Ces thématiques guident la programmation.

Quels sont vos coups de cœur personnels parmi la masse de manifestations?

«La traversée du Luxembourg menée par Laurent Boijeot, Sébastien Renauld et Mélanie Heresbach, du collectif boijeot.renauld et 2M26, me séduit particulièrement. Ils vont construire des unités de vie (lits, tables, chaises et valises) et traverser la ville à pied depuis le Mudam jusqu’à la gare. C’est une action lente et iconoclaste qui va à la rencontre du public et qui redéfinit l’espace public, en se demandant à qui ce dernier appartient. Le design, c’est aussi poser des questions sociétales. L’autre manifestation qui m’interpelle, c’est la réalisation ‘Atlas subjectif de Luxembourg’, proposée par Annelys de Vet au Casino Luxembourg. À travers un processus participatif de longue haleine, elle va ainsi offrir une nouvelle cartographie de la ville grâce à la participation de résidents, artistes et designers. Ceux-ci sont invités à cartographier leur pays à leur manière, personnelle, qu’elle soit politique, critique, culinaire, romantique ou humoristique.

Comment Design City se positionne internationalement?

«Design City est une des rares biennales de design qui ne soit pas liée à une foire commerciale, comme c’est le cas à Milan ou à Courtrai, par exemple. Nous travaillons plutôt par le biais de la créativité et de la culture. Cela nous a donné une reconnaissance par cette approche originale. L’année dernière, j’étais invitée à Milan pour présenter notre travail, et cette année, je vais participer à Strasbourg à une table ronde pour présenter l’écosystème du design au Luxembourg. Il est indéniable que Design City donne une visibilité au Luxembourg dans des sphères nouvelles.»

www.designcity.lu

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