«Faire entendre la voix des citoyens»

26 Avril 2018 Par Paperjam.lu
Yuriko Backes
Yuriko Backes: «Il s’agit pour moi de démontrer et de convaincre sans relâche qu’unis, nous pouvons mieux aborder les enjeux de demain dans un monde globalisé.»
(Photo: Commission Européenne)

En amont des événements «Dialogue citoyen» qui se dérouleront le 27 avril prochain entre Věra Jourová et Félix Braz, puis le 2 mai entre Mariya Gabriel et Xavier Bettel, Yuriko Backes, chef de la représentation à la Commission européenne au Luxembourg, nous explique un peu plus les enjeux de cette démarche.

Le 27 avril prochain aura lieu le premier dialogue entre un commissaire européen, accompagné d’un ministre luxembourgeois, et des citoyens. Quel est le but de cette démarche pour la Commission?

«On construit l’avenir de l’Europe avec les citoyens. Ils sont au centre de nos activités et impliqués le plus activement possible à travers toutes les rencontres que nous organisons pour encourager des échanges interactifs.

Dès son entrée en fonction, la Commission Juncker est allée à la rencontre des citoyens. Le ‘Dialogue citoyen’ est un moyen de cette politique de rassemble des membres et représentants de la Commission, des autorités nationales, régionales ou locales, mais aussi des membres du Parlement européen, qui débattent avec les citoyens des politiques européennes. La Commission a organisé plus de 500 dialogues depuis 2014, et autant sont déjà dans le pipeline d’ici 2019. Au Luxembourg également.

Les ‘Dialogues citoyens’ constituent un outil essentiel pour faire entendre la voix des citoyens au sein du débat sur l’avenir de l’Europe. C’est important à l’approche des élections européennes de 2019. Afin qu’un maximum de citoyens puissent participer à ces dialogues, ils sont également retransmis en direct sur internet, avec la possibilité d’intervenir via les réseaux sociaux.

Le 27 avril, il s’agit du premier ‘Dialogue citoyen’ qui est en même temps une ‘consultation citoyenne’ dans le cadre de l’initiative du président français Emmanuel Macron, et à laquelle le gouvernement luxembourgeois participe. Il est évident pour moi de travailler ensemble, pour cette manifestation, ainsi que pour d’autres à venir, dans le but conjoint de recueillir les impressions et d’écouter les propositions des citoyens au Luxembourg.

Assurer la sécurité du citoyen tout en défendant les libertés est un engagement permanent.

Yuriko Backes, chef de la représentation à la Commission européenne au Luxembourg

Les thématiques abordées pour les deux premières rencontres portent sur la liberté face à la sécurité et sur les défis du monde numérique. Pourquoi ces deux thèmes en priorité? 

«Ces thèmes sont d’actualité, et face aux récents scandales, comme le dieselgate ou Cambridge Analytica, la Commission a mis sur la table un certain nombre de propositions concrètes qu’il s’agit d’expliquer aux parties prenantes et au grand public.

Le new deal pour les consommateurs, qui permet aux citoyens d’engager des recours collectifs contre les entreprises, ou encore la protection des lanceurs d’alertes, qui fixe de nouvelles normes applicables à l’échelle de l’UE, sont des exemples récents du portefeuille de la commissaire Věra Jourová.

Dans le cadre de la stratégie pour un marché unique numérique, les commissaires en charge, Andrus Ansip et Mariya Gabriel, sont à l’origine de nombreuses initiatives mises en œuvre. Des progrès considérables ont été accomplis, comme la suppression des frais d’itinérance et la portabilité des contenus en ligne, qui font désormais partie de la vie quotidienne des Européens. Des règles plus strictes sur la protection des données à caractère personnel et les premières règles à l’échelle de l’UE en matière de cybersécurité entrent en vigueur en mai 2018.

Dans ce contexte, assurer la sécurité du citoyen tout en défendant les libertés est un engagement permanent. Nous proposons de discuter des défis que représentent par exemple les discours haineux illégaux en ligne et la cybercriminalité, aussi parce que ces thèmes impactent très concrètement la vie quotidienne des citoyens.

Même le prospère Luxembourg ne serait plus grand-chose sans la dimension européenne.

Yuriko Backes, chef de la représentation à la Commission européenne au Luxembourg

Lors de votre prise de fonction, à la rentrée 2016, vous vouliez «démontrer la valeur ajoutée de l’Europe pour les citoyens». Un an et demi plus tard, la Commission apparaît comme un organe qui ne serait pas entièrement au service des Européens. Comment changer la donne? 

«Conquérir, ou même reconquérir, le cœur et l’esprit des citoyens constitue un effort acharné et sans relâche de toutes les instances, nationales et européennes. Il ne suffit plus de communiquer sur la valeur ajoutée concrète de l’Europe. Il s’agit aussi de défaire les mythes et les désinformations liés à l’Europe, ainsi que contre-attaquer l’angoisse que les populistes de nos jours essaient d’insuffler aux gens.

La mondialisation, le terrorisme, les flux migratoires, la montée du populisme sont des défis de taille qu’il faut relever, ensemble. La Commission européenne intervient dans ces dossiers pour unir la force des États membres, justement dans l’intérêt des citoyens. 

Le socle social des droits sociaux fut adopté, sur initiative de la Commission, pour construire une Union européenne plus inclusive et équitable. Le plan d’investissement fut adopté, sur initiative de la Commission, pour soutenir la croissance et l’emploi. La Commission a également posé des jalons concrets pour l’avenir d’un commerce ouvert et équitable en négociant des accords commerciaux avec le Mexique, le Japon, Singapour et le Canada, au service des consommateurs ainsi que des entreprises européennes, pour ne citer que ces exemples.

Il s’agit pour moi de démontrer et de convaincre sans relâche qu’unis, nous pouvons mieux aborder les enjeux de demain dans un monde globalisé. Même le prospère Luxembourg ne serait plus grand-chose sans la dimension européenne, n’en déplaise aux rétrogrades de tous bords!»

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