Étienne Schneider «contre le CSV»

10 Janvier 2018 Par François Aulner
Marc Spautz
Pour Marc Spautz, les choses sont claires: Étienne Schneider ne veut plus rien avoir à faire avec le CSV.
(Photo: CSV / archives)

Les idées du vice-Premier ministre du LSAP au sujet d’un mouvement «En Marche!» visent clairement le CSV, regrette le président des chrétiens sociaux. Selon Marc Spautz, le LSAP ferait mieux de se remettre en question.

Monsieur Spautz, le vice-Premier ministre du LSAP, Étienne Schneider, nous a fait part de ses réflexions: en cas de presque majorité du CSV, les autres partis devraient songer à fusionner pour faire barrage à un bloc de droite trop fort. Quelle est votre réaction?

«Tout d’abord je suis très surpris. Lors de notre pot de Nouvel An, j’avais averti que les partis gouvernementaux allaient tout tenter pour nous écarter du pouvoir. Le lendemain, le chef de fraction du LSAP, Alex Bodry, déclarait que je disais des bêtises et que côté LSAP, tout irait bien. Ensuite, le lendemain, 10 membres du LSAP publient une lettre qui critique les dirigeants du parti, et là encore le lendemain, Étienne Schneider déclare que si le CSV devient trop fort, il faudrait prendre une initiative ‘En Marche!’. Je ne sais tout simplement plus si le LSAP est le parti d’Alex Bodry ou d’Étienne Schneider.

Le pire, selon moi, c’est que ce soit un parti traditionnel comme le LSAP, qui existe depuis si longtemps, au sein duquel un leader ou prétendant au titre de candidat chef de file songe à fusionner avec d’autres partis. C’est tout simplement incompréhensible.

Si Étienne Schneider a un si grand problème avec le CSV, je pense que la seule chose positive à en tirer, c’est qu’il nous a ainsi expliqué que pour lui, le CSV n’est pas un partenaire envisageable. J’ai bien compris le message et je ne suis pas le seul dans mon parti à l’avoir compris.

Pourtant, Étienne Schneider dit bien que ce n’est pas dirigé contre le CSV, mais simplement que si le CSV obtient une presque majorité, les autres partis – avec environ 10 mandats sur 60 - deviendraient insignifiants et devraient donc bien réagir d’une manière ou d’une autre…

«Peut-être que ces trois partis feraient mieux de se poser des questions sur leurs contenus au lieu de lancer un nouveau mouvement. Le parti socialiste a tout de même une grande tradition, non seulement au Luxembourg, mais dans toute l’Europe, et il devrait plutôt se remettre en question et se demander si son orientation et sa manière de faire de la politique sont encore les bonnes.

Pour moi, le message d’Étienne Schneider est clair: s’ils peuvent faire quoi que ce soit contre le CSV, ils le feront.

Côté CSV, il y a aussi différents courants. Des courants plus libéraux, des courants plus sociaux, des courants plus conservateurs, voire de droite. Il s’agit d’un parti populaire. N’est-il donc pas normal qu’un autre parti populaire tente de se former dans le camp social-libéral?

«Je me souviens quand j’étais gamin en 1968 – j’avais 5 ans –, il y avait une différence d’un pour cent et un mandat parlementaire entre le CSV et le LSAP. Le LSAP ferait mieux de se poser des questions au sujet de sa politique et se demander pourquoi il n’a plus que 13 mandats et le CSV 23. Il devrait se demander si sa politique actuelle correspond encore à celle qui servait de base lors de sa fondation.

Ce n’est tout de même pas possible que 40 ans plus tard le CSV soit si fort par rapport au LSAP. Au lieu de fusionner, il devrait se remettre en question.»

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