Au cœur des mécanismes de création

16 Novembre 2017 Par France Clarinval
Anthony van den Bossche
Anthony van den Bossche signera son livre à la librairie Alinéa.
(Photo: Benjamin Bocasse)

Pour son premier livre, l'auteur Anthony van den Bossche a suivi le duo d’artistes David Brognon et Stéphanie Rollin à Jérusalem. Son récit permet d’entrer dans le vif de la création.

C’est l’histoire d’une tentative ratée qui aboutit à une réussite. David Brognon et Stéphanie Rollin se rendent à Jérusalem pour y réaliser une œuvre, ils débarquent en pleine «intifada des couteaux» et leur projet s’avère impossible à réaliser. Ils travailleront, rechercheront, rencontreront pour finir par créer de nouveaux projets, sans doute plus forts que ce qu’ils avaient imaginé. Anthony van den Bossche se tient à leurs côtés.

Monsieur van den Bossche, «Performance» est votre premier livre. Pourquoi celui-ci, pourquoi maintenant?

«S’autoriser à écrire est un peu mystérieux. Il y a d’abord le désir, puis la maturité ou l’inconscience qui autorise à sauter le pas. L’amour aussi. Celui qui soutient, pousse et vous donne envie d’être beau. Ce livre est l’inverse d’un plan préconçu. Je partais à Jérusalem avec David et Stéphanie avec l’idée d’utiliser leur aventure comme un épisode réel de mon premier roman. Il était rassurant d’avoir quelques morceaux de vrai dans une trame que j’inventais. Et puis le réel est devenu plus tragique, plus captivant que la fiction. La situation politique et sociale explosive de Jérusalem a fait sauter nos a priori, a rendu impossible la performance prévue et m’a permis de plonger avec eux dans un nouveau projet. D’un seul coup, faire le portrait de cette ville et des artistes en mouvement qui tentaient de la capturer était l’aventure la plus passionnante que je pouvais écrire.

Que dit le livre du processus de création? Avez-vous pu en percer les mystères?

«Le livre raconte la formidable capacité des artistes contemporains à s’abreuver d’un contexte, d’une situation, du réel pour le transformer en œuvre plastique. Le grand public a une image froide et distante de l’art conceptuel. Souvent à juste titre. Ce livre les fait entrer au cœur de ce moment rare pour découvrir un mécanisme créatif organique entre disponibilité totale au monde et nécessaire égoïsme: s’ouvrir pour comprendre et ne pas oublier que l’on est de passage. L’artiste agit dans ces situations tendues comme un cambrioleur au cœur d’artichaut incapable de garder son butin pour lui-même. 

Est-ce qu’un tel récit aurait pu se situer ailleurs?

«Bien sûr, mais ce récit clôt et répare une dette que j’avais envers Jérusalem. Alors que j’étais journaliste débutant à la télévision, je suis venu dans cette ville et je suis passé à côté. Trop immature. Alors que la bataille pour Jérusalem ne fait que commencer, tous nos fantasmes, tous les conflits se concentrent ici. Écrire mon premier livre grâce à Jérusalem était donc l’un de ces signes du destin que l’on aime à s’approprier pour créer ses petites légendes personnelles.»

L’auteur présentera et signera son livre ce jeudi 16 novembre à partir de 17h30 à la librairie Alinéa.

«Performance» est paru aux éditions Arléa.

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