VNX, la Bourse 2.0 des venture capitalists

12 Juillet 2018 Par Jonas Mercier
«Si nous avons choisi la blockchain pour notre solution, c’est simplement pour bénéficier des avantages de cette technologie qui rend l’ensemble du processus plus simple et sécurisé», explique Alexander Tkachenko, le CEO et fondateur de VNX.
«Si nous avons choisi la blockchain pour notre solution, c’est simplement pour bénéficier des avantages de cette technologie qui rend l’ensemble du processus plus simple et sécurisé», explique Alexander Tkachenko, le CEO et fondateur de VNX.
(Photo: VNX.io)

En utilisant la blockchain, la jeune pousse VNX a créé une plate-forme d’échange pour faire le lien entre les investisseurs et les sociétés de capital-risque en quête de liquidité. Très bien accueillie dans le milieu, cette solution doit encore attendre l’aval de la CSSF.

Dans le monde de la finance, il existe des méthodes traditionnelles pour obtenir des liquidités. Et d’autres, plus modernes. VNX, jeune fintech basée à la Lhoft, a choisi la seconde option pour concevoir un moyen simple et sécurisé d’attirer les investisseurs sur le marché très fermé des venture capitalists.

«La problématique, dans ce métier, est que les investissements dans les entreprises se font à long terme», explique Vladimir Khanumyan, le président du conseil d’administration de la jeune pousse. «Le capital est donc bloqué, et les venture capitalists sont toujours en manque de liquidité.»

Fondée en février, la jeune pousse a mis au point une plate-forme digitale basée sur la blockchain. Celle-ci permet aux sociétés de capital-risque de «tokéniser» leurs investissements pour trouver des petits investisseurs, et donc de l’argent frais.

Il ne s’agit pas d’ICO

En d’autres termes, elles transforment une partie de leurs investissements en produits dérivés digitaux pour les vendre. Ces «tokens» peuvent ensuite être échangés sur cette plate-forme de la même façon que des actions en bourse. Si le propriétaire d’un titre décide de garder son avoir jusqu’à la fin de l’échéance de l’investissement de la société de capital-risque, il recevra alors une partie de la plus-value réalisée.

«Il ne s’agit pas de vendre des parts de la société dans laquelle a investi le venture capitalist», prévient toutefois Alexander Tkachenko, le CEO et fondateur de VNX. «Mais d’acquérir des titres de l’investissement. Et si nous avons choisi la blockchain, c’est simplement pour bénéficier des avantages de cette technologie qui rend l’ensemble du processus plus simple et sécurisé.»

Attention, il ne s’agit pas d’ICO, ces levées de fonds digitales qui utilisent la blockchain, car le but de l’opération n’est pas de financier directement une entreprise en échange d’un service futur. Il s’agit plutôt d’un processus de titrisation d’une partie de l’investissement sur 5% à 10% de sa valeur totale.

Des concurrents aux États-Unis et en Asie

Il faut dire qu’Alexander Tkachenko sait de quoi il parle. Après une carrière chez le japonais TDK au Luxembourg, il a créé sa propre société de capital-risque, 2be.lu Investments. «Les sociétés de capital-risque que j’ai rencontrées sont intéressées par ce type de plate-forme. Quand on leur présente la solution, elles me demandent si elles peuvent investir dans ma start-up», témoigne Alexander Tkachenko. «Mais pour l’instant, nous cherchons avant tout des partenaires pour nous développer.»

L’outil mis en place par VNX est déjà fonctionnel, mais la start-up attend d’obtenir une licence de la CSSF pour lancer sa plate-forme. Alexander Tkachenko et Vladimir Khanumyan espèrent que cela se fera rapidement. «Nous savons que nous avons des concurrents aux États-Unis et en Asie, mais tous se trouvent au début de leur développement», ajoute le CEO de VNX.

Il n’empêche que la start-up emploie déjà 10 personnes dans ses bureaux de la Lhoft, alors qu’elle sous-traite entièrement ses activités IT.

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