«Une programmation populaire de haute qualité»

31 Juillet 2017 Par France Clarinval
Jérôme Konen
Pour Jérôme Konen, le monde culturel luxembourgeois doit répondre aux questions de gouvernance des structures culturelles.
(Photo: Sven Becker / Archives)

Tout au long de l’été, Paperjam.lu interroge les responsables d’institutions culturelles pour dresser le bilan de l’année écoulée et se pencher sur la saison à venir. Jérôme Konen, du Kinneksbond de Mamer, ne cache pas ses ambitions.

Monsieur Konen, quel bilan tirez-vous de la saison écoulée?

«Nous avons accueilli exactement 17.388 spectateurs toutes manifestations confondues. La programmation 2016/2017 était une saison de transition, située au croisement entre continuité et renouveau. Elle nous a permis d’amorcer le processus de ‘ré-identification douce’ du Kinneksbond, visant à la fois à fidéliser les spectateurs de la première heure et à partir à la conquête d’un nouveau public. Nous constatons, globalement, que nous avons réussi à rajeunir notre public en développant nos collaborations avec les lycées avoisinants, ainsi qu’en misant sur des spectacles dynamiques et insolites, attisant la curiosité et redéfinissant l’expérience théâtrale du point de vue du public (spectacles interactifs, configurations de salle intimistes…).

Quels ont été les moments saillants de la saison?

«Les deux pôles ouverture et clôture ont marqué les esprits. Les prestigieux danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, une représentation qui a affiché complet et qui a fait (re)découvrir le Kinneksbond à un public très diversifié. D’autre part, 'Schwanengesang D744', spectacle qui a marqué la première venue de Romeo Castellucci au Luxembourg… et les esprits des spectateurs, qui ont longuement discuté à l’issue des représentations. J’espère que nous réussirons également à l’avenir à faire se rencontrer des opinions divergentes. Outre un lieu de rencontre, je considère qu’un centre culturel doit également être un lieu de débat.

Troisième étage, Ballet de l'Opéra de Paris (Photo Tania Bettega)Troisième étage, Ballet de l'Opéra de Paris (Photo Didier Philispart)Schwanengesang de Roberto Castellucci (Photo: Christophe Raynaud de Lage)

Y a-t-il des échecs qui seraient à regretter?

«Certaines actions de proximité n’ont pas eu le succès immédiat espéré. Outre notre programmation de spectacles et nos actions de sensibilisation et d’éveil à la culture, nous avons, en tant que centre culturel régional, également vocation à développer des formules permettant la rencontre et l’échange entre les différentes communautés de la région. Cet axe reste à développer dans les années à venir.

Quel est votre coup de cœur pour la saison prochaine et pourquoi?

«‘Blockbuster’ du Collectif Mensuel, qui utilise 1.400 plans de grands films hollywoodiens à des fins parodiques, les acteurs assurant tour à tour le doublage des voix, les bruitages et la musique live pour traiter de l’amère réalité de la violence de la classe dominante à l’égard du peuple. Ce petit bijou contient la quintessence de ce que je considère être un bon spectacle: accessible à un large public, c’est une forme qui fait rire, émeut et émerveille petits et grands en mettant à nu les ‘trucs’ qui font la magie du spectacle vivant. Par ailleurs, c’est une pièce engagée, poussant instantanément et immédiatement à une réflexion sociale et sociétale.

Blockbuster (Photo: Dominique Houcmant-Goldo)Blockbuster (Photo: Dominique Houcmant-Goldo)Blockbuster (Photo: Dominique Houcmant-Goldo)Blockbuster (Photo: Dominique Houcmant-Goldo)

Quels sont les axes de développement pour les années à venir?

«Il s’agira de continuer à défendre une programmation populaire, mais de haute qualité, et d’attiser la curiosité d’un public toujours plus diversifié, représentatif de l’hétérogénéité de la société luxembourgeoise - le tout en faisant face à des ressources financières et humaines très limitées. Une fois que le développement artistique du centre culturel sera en marche, il s’agira d’ancrer le Kinneksbond comme lieu d’échange et de rencontre incontournable dans le paysage national; de développer les partenariats avec le secteur privé – des collaborations qui, au-delà de l’aspect purement financier, permettent de toucher un nouveau public – et de repenser l’organisation interne de la structure en mettant en place, notamment, des outils permettant de rationaliser les tâches de chacun et de pallier ainsi le manque de personnel.

Plus généralement, quels sont les points importants auxquels le monde de la culture luxembourgeois doit faire attention et faire évoluer?

«L’un des points essentiels est celui de la gouvernance des structures culturelles, une question à laquelle le ministère de la Culture entend répondre dans les mois à venir dans le cadre du plan de développement culturel. Il est nécessaire de remettre en question les structures juridiques d’une grande partie des établissements, de (re)définir les missions de chacun et d’assurer une gouvernance au sein des structures qui refléterait la professionnalisation du secteur et les nouveaux besoins en ‘conseils’ artistiques, juridiques et financiers des dirigeants. En tant que scène culturelle dans son ensemble, et tout en respectant les revendications spécifiques à chaque secteur, je pense qu’un dialogue commun doit s’instaurer, visant à formuler une vision globale pour l’avenir de la culture au Luxembourg.»

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