Une passion, un métier

20 Octobre 2016 Par Thierry Raizer
10x6 paperjam Club
10 entrepreneurs ont réussi ce dont beaucoup d’autres rêvent: allier travail, plaisir et passion.
(Photo: Maison Moderne)

La soirée 10x6 organisée mercredi était dédiée à ces privilégiés qui ont fait de leur passion un métier et un mode de vie aussi.

«La passion est créatrice et destructrice.» La déclaration du créateur de mode Ezri Kahn résume bien l’ambiguïté vécue par les personnes qui ont fait de leur passion un métier. Ils étaient 10 à avoir franchi le pas d’en parler en public. Un exercice pas forcément évident, chargé d’émotion, tant la passion remonte le plus souvent à l’enfance et est liée à la famille.

Pour Ezri Kahn, passer du monde de la danse à la mode, qui est tout aussi exigeant, implique du temps pour composer des modèles uniques et être reconnu au niveau international.

La passion est créatrice et destructrice.

Ezri Kahn, Ezri Kahn Couture

La reconnaissance n’est certainement pas une fin en soi pour ces passionnés. Presque surprise de l’engouement de son projet, Sandrine Pingeon ne peut plus lâcher ses paniers dans son grand potager (4 hectares) de Munsbach. Et sa production de légumes bio séduit tant les particuliers que les restaurateurs.

Les restaurateurs clients sont devenus des amis.

Sandrine Pingeon, Les paniers de Sandrine

Il fut justement question de restauration avec l’un de ces chefs qui manient autant le couteau que le verbe avec brio. René Mathieu de La Distillerie est remonté à sa tendre enfance en se souvenant de sa grand-mère, de son grand-père, de leur métier, des traditions inculquées qui ont marqué sa vie et influencé la cuisine. Avec un maître mot: le respect. 

Il faut d’abord se respecter soi-même.

René Mathieu, La Distillerie

Des passionnés qui explorent plusieurs secteurs. De la couture à la culture, en passant par la menuiserie qui se conjugue avec le haut de gamme. Les créations de Norbert Brakonier sont reconnues pour leur caractère unique, façonnées au départ du bois, matériau tellement noble.

Nous sommes des vrais artisans et nous sommes fiers de ça.

Norbert Brakonier, Norbert Brakonier Spaces and Furniture

Volontiers anachroniques dans leurs démarches, les artisans présents mercredi soir sur la scène du Tramsschapp revendiquent des méthodes saines et militent pour un retour au «vrai», par exemple en travaillant le pain à la main.

Nous avons 50 ans de retard et nous y tenons.

Jean Kircher, Pains & Tradition

Comment transmettre la flamme, la passion? La question se pose a fortiori au sein des entreprises familiales. Il est avant tout question de l’entretenir et de la transmettre pour que la passion puisse se révéler à la génération suivante.

La flamme a un mouvement ascendant, elle s’entretient.

Philippe Depoorter, Banque de Luxembourg

Premiers à critiquer leurs productions, ces professionnels passionnés sont souvent des touche-à-tout, aimant tout autant les notes de musique que la menuiserie, le design automobile que celui d’un vélo ou d’un bijou.

ll faut être soi et rester critique envers soi-même.

Claude Schmitz, Claude Schmitz

Malgré les nombreuses restaurations d’œuvres d’art effectuées, Élisabeth Koltz demeure surprise par l’aboutissement de son travail. Et l’émotion que ce travail peut engendrer chez les commanditaires.

Je suis toujours surprise par les résultats.

Élisabeth Koltz, Atelier Élisabeth Koltz

Le design a un pouvoir émotionnel sur les gens.

Sacha Lakic, Sacha Lakic Design

Reste que la passion n’élude pas le besoin pragmatique de gérer une entreprise, de coordonner des équipes. Et de compter sur ces collaborateurs pour que la passion rime avec excellence.

Créer une entreprise, comme si on créait un gâteau.

Jeff Oberweis, Oberweis

Indépendants ou salariés, ces passionnés ont tous appris de leurs différentes expériences et en retirent des principes essentiels pour leur pratique. Dont celui de rester fidèle à des principes simples, à des valeurs fondamentales.

L’expérience au sein d’un Big Four était très enrichissante.

Gildas Royer, In Vino Gildas

Le sommelier Gildas Royer, exerçant auparavant auprès de Deloitte Luxembourg, croit en ce mode de management depuis 2008, date de l’ouverture de sa boutique à Belair.

Et comme le (bon) vin, ces entrepreneurs se bonifient avec le temps.

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