Une occasion ratée pour la gare fantôme du Findel

19 Avril 2017 Par Jean-Michel Hennebert
Findel
Construite en 2003 pour 35 millions d’euros, la gare ferroviaire souterraine du Findel n’a jamais été terminée. Selon les plans envisagés, le premier niveau devrait accueillir des commerces, le second un data center.
(Photo: Sven Becker/Archives)

Candidat depuis plusieurs mois pour héberger les serveurs du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, actuellement basé à Londres, le site luxembourgeois n’a finalement pas été retenu. Le choix s’est porté sur Bologne.

Un temps espéré par le ministère du Développement durable et des Infrastructures, le transfert des serveurs du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) de Londres au Findel ne se fera finalement pas. Déposée il y a plusieurs mois, la candidature luxembourgeoise a finalement été rejetée au profit d’une implantation au sein du Technopôle de Bologne, en Italie, selon une décision rendue début mars.

Selon Florence Rabier, directrice générale du CEPMMT citée dans le communiqué officiel, le choix s’est fait en fonction «de trois facteurs-clés», dont le besoin de «processeurs supplémentaires, ce qui nécessite une expansion significative de l’infrastructure actuelle de notre centre de données». En d’autres termes, les 12.000 à 15.000m² proposés au sein du second niveau de la gare fantôme du Findel auraient été insuffisants pour répondre aux exigences de l’organisation spécialisée dans la recherche et l’élaboration de prévisions météorologiques. Selon le CEPMMT, sept candidatures avaient été analysées.

Située sous la chaussée devant l’entrée du terminal A, la gare souterraine s’étale sur deux niveaux. (Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)Les 12.000 à 15.000 m2 du second niveau devraient être utilisés pour accueillir un data center. (Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)

Ce premier échec ne devrait cependant pas empêcher les responsables luxembourgeois de poursuivre leurs recherches. «Plusieurs pistes possibles sont actuellement à l’étude, seule la décision d’engager un dossier concret manque encore», note Johan Vanneste, CEO de Lux-Airport, sans apporter de précision sur un quelconque calendrier. Pour mémoire, le choix d’implanter un data center au sein de la gare ferroviaire jamais terminée remonte à juin 2016 et figure dans les conclusions d’une étude dédiée au développement de l’aéroport luxembourgeois.

Pour le gouvernement, cette idée doit non seulement «répondre à une forte demande du secteur», mais aussi aboutir à une offre plus compétitive en lien direct avec des coûts de refroidissement et de sécurité plus réduits via une implantation à la fois souterraine et dans une zone aéroportuaire. Une solution qui est cependant loin de faire l’unanimité, notamment du côté des acteurs luxembourgeois de data centers.

Plusieurs d’entre eux dénoncent d’ailleurs un «non-sens» puisque prenant place «dans un endroit à risque que représente un aéroport». À l’automne dernier, Xavier Buck, chairman d’EuroDNS, jugeait sans détour que «ce projet devrait tomber à l’eau» à plus ou moins long terme. À ce jour, le Luxembourg recense 19 data centers publics, d’une capacité totale supérieure à 41.000m² et gérés par des opérateurs aussi bien publics que privés. Huit d’entre eux disposent de la certification Tier IV, la norme la plus exigeante créée par l’Uptime Institute et qui garantit l’absence d’interruption de service.

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Les 35 millions d’euros dépensés pour la création de l’infrastructure destinée initialement à accueillir du trafic ferroviaire pourraient ne pas avoir été déboursés en vain. Outre un centre de stockage de données, des commerces et un business center sont envisagés d’ici 2021.