«Une bonne idée qui arrive trop tôt n’est pas une bonne idée»

30 Juin 2016 Par Thierry Raizer
Franc-parler
Philippe Bloch : «Je ne supporte plus le pessimisme à la française.»
(Photo: Licence CC)

L’entrepreneur français Philippe Bloch est l’invité d’honneur de la cérémonie 2016 du Creative Young Entrepreneur Luxembourg. Entrepreneur, homme de médias, écrivain… ce passionné évoque son parcours et surtout les leçons qu’il en tire dans le monde de l’entreprise. Refusant le fatalisme, il jette un regard réaliste sur son pays qu’il aime tant: la France.

Questionnez-le sur son CV et il vous entraînera dans les méandres de ses aventures entrepreneuriales. Écrivain et homme de médias – il tient une émission hebdomadaire consacrée à l’entreprise sur BFM Business –, également entrepreneur, Philippe Bloch est avant tout un passionné et un optimiste de raison, face aux difficultés que peut rencontrer un chef d’entreprise. «Je dirais que je n’ai pas le choix», déclare-t-il. «Une entreprise commence souvent par un rêve avant de se voir confrontée à la réalité et devoir surmonter des obstacles.»

Invité de JCI Luxembourg lors du gala du 30 juin récompensant le Creative Young Entrepreneur Luxembourg (Cyel) 2016, afin d’évoquer ce fameux optimisme qui l’habite ainsi que l’innovation et l’esprit d’entreprise comme meilleures armes anti-crise, Philippe Bloch partage volontiers ses succès, ses erreurs, ses échecs aussi.

Actif dans la presse dans les années 80, il décide durant la décennie suivante de mettre en pratique les idées distillées dans ses premiers livres (dont «Service compris», vendu à 500.000 exemplaires) en passant de l’autre côté de la barrière. Inspiré par l’enseigne Starbucks qui était encore balbutiante en Europe, il fonde Columbus Café en 1994. «Je me suis aperçu que les cafés français mouraient», se souvient-il. «Mais notre concept est arrivé trop tôt et a souffert d’un manque de bons emplacements.» Deux premiers cafés plombés par le peu de passage, à l’heure où les réseaux sociaux n’existaient pas encore comme vecteur de la fédération d’une communauté. «Une bonne idée qui arrive trop tôt n’est pas une bonne idée», ajoute-t-il en guise de bilan de ces premières années Columbus.

Après une descente aux enfers qui ne lui a pas enlevé la foi en ce concept, l’entrepreneur a opté pour des partenariats. C’est ainsi que la collaboration avec la Fnac a vu le jour pour y ouvrir le Starbucks à la française. «Nous nous sommes dit que si nous ne pouvions plus être chez nous, nous irions chez les autres.» L’entrée d’investisseurs en 2001 précède le tournant de 2004, lorsque le fondateur est mis en ballotage dans la structure décisionnaire. Demeurant actionnaire minoritaire, M. Bloch garde un regard teinté de fierté pour la marque qu’il a fondée et qui compte aujourd’hui quelque 100 points de vente. «C’est devenu ce que je voulais: le concurrent local en franchise du leader mondial en succursale.»

Philippe Bloch partage désormais son agenda entre son émission hebdomadaire à la radio et les nombreuses conférences qu’il anime autour des thématiques liées à l’entrepreneuriat. L’occasion de sonder le terrain et de constater que la France n’est pas en reste en termes de talents. «Je ne supporte plus le pessimisme français, qui est indécent compte tenu de la qualité des talents», lance-t-il.

Quant à la complexité de l’environnement d’affaires, il refuse le fatalisme. «Je suis convaincu que l’on ne changera jamais le droit social français», en référence aux conflits sociaux actuels portant sur ladite «loi travail» de la ministre Myriam El Khomri. «Soit on accepte les règles du jeu, soit on se barre. En revanche, le vrai problème est de voir deux France qui s’éloignent l’une de l’autre, avec d’un côté des jeunes qui veulent conquérir le monde et d’autres qui veulent s’isoler dans une certaine idéologie et le protectionnisme», analyse Philippe Bloch.

Business angel par passion plus que par attrait lucratif, M. Bloch se veut aussi un propagateur d’idées anglo-saxonnes quant à la culture de l’échec et sa dédramatisation, qui vont forcément de pair avec l’expérimentation et donc l’innovation. Des problématiques franco-françaises qui trouvent aussi une résonance de l’autre côté de la frontière luxembourgeoise.

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