Un terrain de jeu élargi pour les fintech de la City

09 Août 2018 Par Jonas Mercier
Le concept de «sandbox», bac à sable en français, vise à proposer un cadre réglementaire très souple aux start-up de la finance pour favoriser l’expérimentation de solutions en conditions réelles.
Le concept de «sandbox», bac à sable en français, vise à proposer un cadre réglementaire très souple aux start-up de la finance pour favoriser l’expérimentation de solutions en conditions réelles.
(Photo: Licence C. C.)

Le gendarme financier anglais a annoncé mardi s’être allié avec 11 autres régulateurs dans le monde, dont celui des États-Unis, de Singapour et de Hong Kong, pour créer un «global sandbox» dédié aux fintech. Une manière pour la City de rester attractive, même dans le pire scénario du Brexit.

Alors que le ministre des Finances britannique, Philip Hammond, demande aux acteurs de la City de développer des «leviers alternatifs de croissance» pour résister à l’affaiblissement de la Place londonienne dans le contexte du Brexit, le régulateur anglais a décidé de faire de Londres le paradis des fintech.

La Financial Conduct Authority (FCA) vient d’annoncer la création du Global Financial Innovation Network (GFIN), une initiative qui regroupe les autorités financières de 12 juridictions du monde entier et qui n’est rien d’autre qu’un «sandbox» international dédié à l’innovation dans le secteur des technologies financières. Les règles précises qui gouverneront cet espace n’ont pas encore été définies, mais les objectifs sont clairs: fournir aux fintech un environnement leur permettant de mettre à l’essai des solutions transfrontalières.

La zone euro absente

Ce concept de «sandbox», bac à sable en français, vise à proposer un cadre réglementaire très souple aux entreprises de la finance pour favoriser l’expérimentation de solutions en conditions réelles. Plusieurs juridictions offrent cet environnement dans le monde, dont le Royaume-Uni depuis 2016. Mais seulement dans un espace national.

«Notre ‘sandbox’ permet aux entreprises d’effectuer des tests uniquement au Royaume-Uni, mais de nombreux aspects des marchés financiers et de la fintech sont mondiaux», expliquait la FCA en février dernier, annonçant déjà sa volonté d’internationaliser cette initiative.

Les régulateurs non nommés peuvent décider de s’impliquer à l’avenir.

Financial Conduct Authority

Le GFIN inclut donc 12 juridictions, dont les Places les plus actives de la fintech, comme les États-Unis, Singapour, Hong Kong, le Canada, ou encore Abu Dhabi, Dubaï et Bahreïn. La zone euro n’est, évidemment, pas représentée.

Ce club n’est toutefois pas fermé, et les réflexions pour faire évoluer la structure continueront jusqu’en octobre. «Le processus de consultation contribuera à éclairer toute participation future», précise la FCA. «De même, les régulateurs non nommés peuvent décider de s’impliquer à l’avenir.»

Une stratégie différente

De l’autre côté de la Manche, la Commission fourbit également ses armes pour rester attractive sur ce marché en plein développement. En dehors des avantages du passeport européen, qui permet à une entreprise ayant l’agrément d’un régulateur de l’Union européenne d’exercer ses activités dans l’ensemble des juridictions de la Communauté, Bruxelles a lancé au mois de mars un plan d’action pour favoriser l’innovation de son marché financier.

«L’objectif est que l’Europe devienne un centre mondial des fintech», indiquait alors la Commission dans un communiqué. Et d’annoncer la mise en place d’un «laboratoire européen des technologies financières, au sein duquel les autorités européennes et nationales dialogueront avec les fournisseurs de solutions technologiques dans un environnement neutre et non commercial».

En parallèle, la directive DSP2 prévoit que les banques mettent à disposition des acteurs fintech qui le souhaitent, comme les agrégateurs de compte, un environnement identique à celui d’un «sandbox» pour tester la solution avant sa commercialisation. Bref, les arguments s’affûtent de part et d’autre de la Manche.

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