Un front syndical désuni dans le bâtiment

05 Juillet 2018 Par Audrey Somnard
Si par le passé les deux syndicats ont pu unir leurs forces lors de manifestations, cela ne sera pas le cas jeudi pour le secteur du bâtiment.
Si par le passé les deux syndicats ont pu unir leurs forces lors de manifestations, cela ne sera pas le cas jeudi pour le secteur du bâtiment.
(Photo: Matic Zorman / archives)

C’est sur deux sites que les deux principaux syndicats vont marcher jeudi dans le cadre de la protestation des salariés du secteur du bâtiment. L’OGBL accuse le LCGB d’avoir fait cavalier seul et fait exploser le front syndical.

Ils battront le pavé chacun de leur côté pour améliorer les salaires dans le secteur du bâtiment: l’OGBL à Luxembourg-ville, le LCGB à Esch-sur-Alzette. Il ne s’agit pas d’une protestation unique simplement délocalisée sur deux sites, mais bien de deux manifestations différentes.

Pour l’OGBL, tout était réglé jusqu’aux moindres détails pour que les deux syndicats organisent ensemble la manifestation, jusqu’à ce que le LCGB fasse volte-face: «Nous avions proposé au LCGB de faire la manifestation ensemble, et ils étaient d’accord. Nous avions réglé tous les détails, la longueur des discours, la place de chacun, etc., et puis au moment de partir pour les vacances de la Pentecôte, j’ai eu un coup de fil du LCGB qui m’annonçait qu’ils ne participaient plus à la manifestation. J’étais tellement interloqué que j’en ai même oublié de demander pourquoi», explique Jean-Luc de Matteis, secrétaire de la branche Construction de l’OGBL.

Les élections sociales de 2019 en vue

Le syndicaliste en apprendra plus une semaine plus tard: «C’est en lisant Contacto que j’ai appris que non seulement ils organisaient leur manifestation de leur côté, cette fois à Esch-sur-Alzette, mais le même jour et à la même heure! C’est scandaleux, les seuls gagnants d’une désunion du front syndical sont les patrons», regrette le représentant de l’OGBL.

Quelques jours plus tard, une interview sur Radio Latina va mettre le feu aux poudres. Liliana Bento, représentante syndicale de la branche Construction pour le LCGB, y laisse entendre que le syndicat chrétien a voulu faire cavalier seul en raison des élections sociales de 2019. Cette dernière, jointe par téléphone, refuse désormais de parler à la presse et renvoie les journalistes vers le service de communication du LCGB.

Le secrétaire syndical Tiago Ferreira du LCGB, joint par Paperjam au téléphone, préfère lui parler de «même catalogue de revendications» et fait valoir que deux manifestations auront tout autant de poids auprès du patronat. Il refuse de donner une explication sur ce soudain refus du syndicat d’organiser une manifestation unie et répète «œuvrer dans l’intérêt des salariés du bâtiment».

Pour rappel, cela fait deux ans que le secteur de la construction n’a pas trouvé d’accord pour renouveler sa convention collective, des discussions qui n’en finissent plus et qui agaçaient les syndicats. Alors que le patronat assure vouloir continuer le dialogue, ces derniers ont assuré, de leur côté, être dans l’impasse.

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