Un accord «équilibré» pour les frontaliers belges

06 Novembre 2017 Par Jean-Michel Hennebert
François Bausch et François Bellot, ministre fédéral belge de la Mobilité
L’accord signé ce lundi 6 novembre porte non seulement sur une baisse des prix, mais aussi sur un renforcement de la sécurité ferroviaire.
(Photo: Nader Ghavami)

Les accords trouvés en mai 2017 afin de «lever les freins» à l’utilisation du train par les frontaliers belges ont été officialisés ce lundi à Arlon par la signature d’une «lettre d’intention». Le prix des abonnements des navetteurs sera notamment revu à la baisse dès le 1er décembre.

Comme il l’avait fait en mars dernier avec les autorités françaises, François Bausch a signé, lundi à Arlon, une nouvelle «lettre d’intention» avec les autorités belges. Objectif affiché: concrétiser les annonces déjà réalisées pour «inciter les Belges à utiliser plus le train que la voiture quand ils vont travailler au Luxembourg». Un objectif qui passe par une baisse du montant des abonnements des frontaliers belges et l'officialisation de la gratuité des parkings situés le long des lignes ferroviaires reliant la province de Luxembourg au Grand-Duché.

La «tarification transfrontalière intéressante» se traduira par une baisse de 13,50 euros sur les prix des abonnements de base mensuels, soit la suppression des frais liés au passage de la frontière, mais aussi par une réduction de 135 euros sur les abonnements de base annuels. Ce qui représente un effort financier de 300.000 euros chaque année, entièrement supporté par le Grand-Duché.

Un deal qualifié d’«équilibré» par François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures, et qui permet à son homologue belge de s'inscrire dans une politique de réduction des coûts entamée depuis plusieurs années. Une politique qui s’est traduite par une baisse des dotations accordées aussi bien à la SNCB qu’à Infrabel, de l’ordre de 30% depuis 2014.

Des parkings gratuits dans plus de 20 gares

En contrepartie de cet effort financier grand-ducal, François Bellot, le ministre fédéral (libéral) belge de la Mobilité, a confirmé «la mise à disposition gratuite» des parkings SNCB des gares de la province de Luxembourg menant au Grand-Duché. À savoir celles d’Arlon (600 places), Aubange, Bertrix, Florenville, Forrières, Gouvy, Grupont, Habay, Halanzy, Jemelle, Libramont, Marbehan, Messancy, Neufchâteau, Poix-Saint-Hubert, Stockem, Trois-Ponts, Vielsalm, Virton, Viville et la Zone Marche (Marloie, Marche-en-Famenne et Aye). Et ce, à destination exclusive des possesseurs d’un abonnement ferroviaire. La baisse des coûts et la gratuité des parkings entreront en vigueur au 1er décembre.

Soit le timing évoqué en juillet 2016 par les Premiers ministres Bettel et Michel en juillet 2016, lors de la rencontre Gäichel IX, qui plaidaient pour la mise en place de telles mesures «en décembre 2017» lors des traditionnels changements des horaires ferroviaires. Les deux chefs de gouvernement avaient également annoncé que la liaison entre Luxembourg et Bruxelles se ferait, en 2023, en 2h07. Une annonce quelque peu mise à mal par les conclusions d’une nouvelle étude sur l’utilisation de trains pendulaires sur la ligne.

À noter enfin que la lettre d’intention signée ce lundi prévoit l’uniformisation des systèmes de sécurité entre les matériels de la SNCB et des CFL au 1er janvier 2020. À cette date, seul le système ETCS, en place depuis 2014 au Luxembourg et exploité sur 100% du réseau depuis le 1er juillet 2017, devra équiper tous les trains circulant sur les deux réseaux. Un groupe de travail belgo-luxembourgeois sera chargé «d’assurer la transition» afin de renforcer la sécurité ferroviaire puisque l’ancien système, nommé Memor II+, ne s’était pas déclenché lors de la collision mortelle du 14 février 2017 sur une ligne reliant le Luxembourg à la France.

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