Tirer profit des millennials

09 Avril 2018 Par Jonas Mercier
Illustration millennials
Les millennials sont des jeunes travailleurs âgés de 25 à 35 ans et appartenant à une génération qu’on a baptisée Y.
(Illustration: Hadi Saadaldeen / Maison Moderne)

Les millennials représentent désormais plus de la moitié de la main-d’œuvre mondiale et leur idéal professionnel est en train de marquer profondément l’entreprise. Mais il faut savoir décrypter cette génération.

Dans le monde de l’entreprise, ils sont prisés pour leurs capacités à maîtriser les nouvelles technologies et à s’adapter rapidement. Dans le même temps, les chefs d’entreprise et managers plus âgés ont encore du mal à les comprendre. Tous les ans, de nombreuses études sont menées pour mieux cerner les millennials, ces jeunes travailleurs âgés de 25 à 35 ans et appartenant à une génération qu’on a baptisée Y. Mais il faut faire attention aux clichés. Leurs aspirations ne sont pas statiques. Elles évoluent au fil des ans, en fonction du contexte social, politique ou environnemental.

Le cabinet de conseil Deloitte leur consacre depuis six ans une étude. En 2017, celle-ci s’est basée sur les réponses de près de 8.000 professionnels nés après 1982 dans 30 pays. Elle révèle, contrairement à ce que l’on pourrait croire, que 65% d’entre eux préféreraient un emploi stable à temps plein plutôt qu’une collaboration en tant que freelance. 67% pensent toutefois que la flexibilité a un impact direct sur leur productivité, ainsi que sur leur engagement au travail (65%), leur bien-être et leur santé (66%).

Attention aux généralisations

Proposer une organisation du travail flexible est une des clés pour attirer et retenir les millennials, s’accorde à dire – la majorité des consultants RH. «Les aspirations de la génération Y sont liées au plaisir, à l’équilibre et à la liberté de gérer son temps», confirme Béatrix Charlier, – fondatrice du cabinet de conseil P’OP. En 2016, elle a mené une enquête auprès de 500 jeunes cadres travaillant au Luxembourg, en collaboration avec le Luxembourg Institute of Science and Technology (List). «Leurs modalités de fonctionnement pointent les dysfonctionnements dans l’entreprise: hiérarchie, compartimentage, lenteur, inertie, procédures, ajoute-t-elle. Et ils exigent que leurs leaders soient communicants, responsables et passionnés.» Une autre caractéristique de la génération Y est son appétence à changer fréquemment d’employeur.

Selon l’étude du cabinet P’OP, 60% des millennials luxembourgeois disent vouloir quitter leur emploi, dont 24,7% dans les six prochains mois. Comment réussir à les fidéliser dans ces conditions? Le cabinet de recrutement Robert Half conseille par exemple d’instaurer une culture du feed-back, tout en laissant la place à l’autonomie au travail. Il rappelle aussi qu’il faut éviter de généraliser le comportement des millennials et qu’il est essentiel «d’accorder suffisamment d’attention à l’individu, pas seulement au groupe auquel il appartient». 

Pour aller plus loin

Tout comprendre sur la génération Y est une étude publiée en mars 2017 par l’institut YouGov et le site de recrutement monster.com. Disponible gratuitement sur internet, elle compare les aspirations des millennials français, allemands, anglais et hollandais. Et il est intéressant de voir qu’il existe parfois des différences notables entre les pays.

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