Theresa May obligée de lâcher du lest

07 Décembre 2018 Par Nicolas Léonard
Il ne reste à Theresa May que quelques jours pour trouver une majorité pour soutenir le Brexit.
(Photo: Shutterstock)

La Première ministre a jusqu’au 11 décembre pour défendre l’accord sur le Brexit trouvé avec l’Union européenne. Mais alors que la situation est déjà délicate, les obstacles se multiplient.

Le Parlement britannique se prononcera le 11 décembre sur l’accord trouvé par le gouvernement avec l’Union européenne pour une sortie du Royaume-Uni. Un accord qui ne plaît pas à tout le monde. Plusieurs ministres du gouvernement May ont ainsi démissionné dans la foulée. Et pour nombre d’observateurs, un vote négatif, qui plongerait le pays dans l’incertitude quant à son avenir, ne fait plus de doute. Theresa May a besoin du soutien d’au moins 326 députés. Or, au sein du seul parti conservateur, qui compte 315 élus, une centaine serait contre l’accord trouvé. De même au sein des unionistes irlandais, de la part des élus écossais...

Un avis juridique «caché»

Theresa May est véritablement dans la tourmente depuis mercredi quand on a appris que les points sensibles d’un avis juridique avaient été cachés par intérêt national.  Dans la version complète finalement livrée aux députés, il apparaît que l’attorney general Geoffrey Cox (ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement) a alerté le gouvernement sur la probabilité de voir Londres être «soumis à des cycles de négociations très longs et répétés».

Cela est en lien avec le fameux «backstop», un filet de sécurité qui doit maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’Europe si aucun accord n’est trouvé avant le 29 mars. Ce qui éviterait de rétablir une frontière avec l’Irlande du Nord, et des contrôles à cette frontière. Alors que la Première ministre a toujours affirmé que ce «backstop» n’était qu’un filet de sécurité et «que personne ne souhait(ait) l’utiliser à partir du 1er janvier 2021», l’avis juridique de Cox semblait un rien plus pessimiste. Ce qui renforce les criantes des «pro-Brexit» de voir le Royaume-Uni rester longtemps amarré à l’Union en matière douanière.

Du coup, Theresa May a lâché du lest ce jeudi. Elle a notamment indiqué que les «députés auraient le dernier mot sur l’activation éventuelle du contrôle frontalier en Irlande. Il ne faudra certainement pas plus pour faire basculer une majorité en sa faveur. Les jours à venir, à ce titre, seront cruciaux. 

Un Brexit «dur» suscite en tout cas des craintes sur les marchés financiers et notamment ceux de la place financière de Luxembourg.

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