Six repense le paiement pour rester dans la course

14 Décembre 2017 Par Jonas Mercier
Avec sa solution «omni-canal», la fintech suisse espère convaincre le gouvernement de lui faire confiance pour gérer les transactions de sa future plateforme de e-commerce, letzshop.lu.
Avec sa solution «omnicanal», la fintech suisse espère convaincre le gouvernement de lui faire confiance pour gérer les transactions de sa future plateforme d’e-commerce, letzshop.lu.
(Photo: Licence C. C.)

Face aux innovations proposées ces dernières années par les géants des nouvelles technologies, le groupe suisse, par le biais de sa branche Payment Services, entend disrupter à son tour l’univers du paiement.

Les nouvelles tendances de consommation influent sur les méthodes de paiement… ou l’inverse. Une chose est sûre, les nouvelles technologies nous invitent à consommer et à payer différemment. Ce constat, la fintech Six, leader du marché du paiement sans espèces au Luxembourg, en Suisse et en Autriche avec sa branche Payment Services, l’a fait depuis bien longtemps. Et face à l’invasion de ce marché par de nouveaux acteurs comme Amazon, Google ou encore Samsung, elle a décidé de réagir en lançant deux nouvelles solutions innovantes.

«Quand on me demande quel est l’avenir de l’e-commerce, je réponds qu’il n’en a aucun. On ne parlera bientôt plus d’e-commerce, mais tout simplement de commerce, car faire des achats sur internet sera devenu la norme», note Beat Merkli, directeur des ventes e-commerce chez Six Payment Services. Pour confirmer ses propos, il ajoute que l’année dernière les transactions d’e-commerce enregistrées par son entreprise ont augmenté de 35%.

Plus besoin de sortir sa carte

La frontière entre les différents types de transactions a, en effet, tendance à s’estomper. Et pour accompagner cette transition, Six Payment Services a lancé au mois d’octobre sa solution «omnicanal». Cette nouvelle technologie permet de combiner paiements physiques en boutique et virtuels en ligne. Lors d’une première transaction par carte, les références du client sont enregistrées par Six, si bien que les achats suivants chez ce même commerçant, en ligne ou en magasin, ne nécessitent plus l’utilisation de la carte de crédit.

«En termes de protection, nous ne communiquons jamais les données bancaires du client au marchand, mais juste un numéro de référence», détaille Urs Gubser, responsable de l’e-commerce de l’entreprise. «Cette solution relie non seulement les deux canaux habituels par lesquels sont effectués des paiements, mais elle permet la facilitation des services de retour ou de paiements récurrents.»

Se connecter aux objets

Six Payment Services s’occupe de la gestion des transactions électroniques. La société est le lien entre le consommateur et la banque lors d’une transaction électronique chez un commerçant. Au Luxembourg, elle a racheté en 2014 Cetrel, qui avait été créée en 1985 par les banques de détail de la Place. Aujourd’hui, le groupe Six détient 80% de parts de marché au Luxembourg. Avec cette nouvelle solution «omnicanal», l’entreprise souhaite donc séduire ses clients existants, notamment les grandes surfaces, mais aussi le gouvernement et sa nouvelle plateforme d’e-commerce, letzshop.lu, qui sera lancée au début de l’année prochaine.

La clé pour concurrencer ces géants sur ce marché est de rester neutre.

Urs Gubser, responsable de l’e-commerce chez Six Payment Services

Mais la vision du futur de Six Payment Services ne s’arrête pas là. La fintech suisse s’apprête à lancer une autre solution début 2018. Celle-ci s’attaquera au marché des objets connectés. Pour illustrer ce nouveau concept, Six prend l’exemple d’un frigidaire intelligent. Quand celui-ci détecte que la brique de lait se termine, il pourra passer commande directement et le paiement se fera automatiquement, sans intervention directe du client.

Le concept n’est pas nouveau puisqu’il est déjà proposé par Amazon et Google par le biais de leurs assistants personnels. Aux États-Unis, il est en effet possible d’acheter des produits et de les payer en en faisant la commande à l’oral. «La clé pour concurrencer ces géants sur ce marché est de rester neutre et ne pas imposer un revendeur en particulier à nos clients», explique Urs Gubser. «Car avec Alexa, les achats commandés se font directement chez Amazon, et avec Home, ceux-ci sont redirigés chez le distributeur Walmart, avec qui Google a signé un partenariat.»

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