Six et Worldline, un poids (trop) lourd au Luxembourg

16 Mai 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Six couvre à lui seul près de 80% du marché luxembourgeois.
(Photo: Licence C.C.)

L’annonce de la fusion entre les sociétés de paiement Worldline et Six risque de poser problème aux autorités de concurrence sur le sol luxembourgeois. À elles deux, elles couvrent une très grande part du marché local.

Le français Worldline et le suisse Six ont annoncé ce mardi avoir signé un accord de partenariat stratégique dans le marché du paiement. Une fois l’opération effectuée, la division Six Payment Services sera intégrée dans Worldline pour former un véritable géant européen.

Au terme de l’opération, dont la finalisation est estimée pour la fin de l’année, le nouvel ensemble pèsera 2,3 milliards d’euros. Un poids près de deux fois supérieur au danois Nets, son premier challenger européen.

Complémentarité géographique

Basé en Suisse, Six couvre, outre son marché domestique, principalement des marchés du nord de l’Europe: Allemagne, Autriche, Pologne et Luxembourg. Au Grand-Duché, Six a racheté la société Cetrel en 2008 et l’a fait passer sous la bannière de Six Payment Luxembourg en janvier 2016.

La société est à la fois active dans la fourniture de terminaux de paiement pour les commerçants et dans les services aux acteurs bancaires (émission de cartes). Au Luxembourg, elle emploie 250 personnes.

Au niveau de la direction générale du groupe Six, on se veut rassurant quant à l’avenir du personnel en place une fois la fusion effective. «Nous devons plus parler d’une chance de grandir que d’un risque», précise Jürg Schneider, le porte-parole du groupe depuis Zurich. «En fait, en termes de marchés géographiques, nos deux groupes sont parfaitement complémentaires. Si des chevauchements d’activités devaient exister, ils ne seraient en tout cas pas très importants.»

Peu de place pour la concurrence

L’acquisition de la division Six Payment devant se faire principalement en action, le groupe Six obtiendra 27% du capital de Worldline, ainsi que 283 millions d’euros en numéraire. «Nous devenons de ce fait le deuxième actionnaire du groupe», précise le porte-parole du groupe Six. «Nous aurons donc notre mot à dire dans la société, ce qui devrait rassurer nos employés.»

Là où un problème risque de se poser au Luxembourg, c’est au niveau des autorités de concurrence. Acteur historique du marché, Six Payment détient une part de marché de près de 80%. «Mais Worldline est également présent et, à eux deux, ils couvrent la quasi-totalité du marché», explique un spécialiste du secteur, qui a souhaité rester anonyme.

Il est donc possible que le nouvel acteur, pour sceller son unité, doive se délester d’une part de ses activités. Une revente de Worldline Luxembourg à un acteur tiers n’est donc pas impossible.

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