Relancer le «processus de Genève» pour la Syrie

16 Avril 2018 Par François Aulner
Jean Asselborn
Jean Asselborn lors de son arrivée au Conseil Affaires étrangères ce lundi.
( Capture d'écran : EBS )

Après les représailles des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France contre le régime de Bachar Al-Assad en Syrie, le Luxembourg plaide pour une relance des négociations en vue d’une solution politique.

La réaction «chirurgicale» des «alliés» à la double attaque chimique du régime de Bachar Al-Assad à Douma en Syrie, consistant à détruire ce week-end – sans faire de victimes – trois installations pour armes chimiques, servait à marquer la «ligne rouge» à ne pas franchir, expliquait le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois ce lundi, en marge du Conseil des ministres au Kirchberg.

Alors que l’Union européenne et les États-Unis sont formels qu’une double attaque chimique a bien eu lieu le 7 avril à Douma, non loin de Damas, Jean Asselborn (LSAP) ne pouvait pas donner d’informations sur «qui» était responsable des attaques. 

Cela dit, il regrettait que le mécanisme commun d’investigation Jim (Joint Investigative Mechanism) de l’Onu et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, OIAC, ait été démantelé par le passé et qu’il faudrait songer à le ranimer. Ce mécanisme permet, en outre, de déterminer si une attaque chimique avait eu lieu, indiquant également qui en était responsable.

Il ne faut pas faire l’erreur d’isoler la Russie.

Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères

En revanche, Jean Asselborn se voulait confiant, tout comme ses homologues européens, par rapport au fait que désormais les États-Unis tiendront parole et ne lanceront pas d’autres raids. Il rappelait d’ailleurs qu’«on ne règle pas de conflit avec des armes». 

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, constatant que les processus d’Astana et de Sotchi menés par les Russes n’avaient pas abouti, plaidait pour la relance du processus de Genève, à savoir sous l’égide de l’Onu et dont l’objectif est de préparer une transition politique en Syrie, à long terme sans Bachar Al-Assad.

Pour donner le plus possible de chances à de nouvelles négociations, Jean Asselborn suggérait «qu’il ne faut pas faire l’erreur d’isoler la Russie». Les chances de voir Moscou se faire infliger davantage de sanctions, il les situait à «0».

L’accord avec l’Iran condamné?

L’avenir de l’accord entre les États-Unis, l’Union européenne et l’Iran figurait également à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères.

Jean Asselborn regrettait «qu’il faut se rendre à l’évidence, que les chances sont grandes que l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet sera rompu par les États-Unis au mois de mai».

Cela dit, le ministre des Affaires étrangères souhaite que l’UE tente au cours des prochaines semaines de persuader Washington que rompre l’accord signifierait une perte d’influence sur Téhéran, et de rappeler que les sanctions européennes contre l’Iran sont plus sévères que celles des États-Unis.

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Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères.

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Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé au micro de RTL samedi au sujet des frappes menées la nuit précédente en Syrie par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.