Quel visage pour le Luxembourg en 2023?

11 Octobre 2018 Par Thierry Raizer

À quoi ressemblera le pays dans cinq ans à la fin de la nouvelle mandature? Six partis invités par Paperjam répondent à la question par l’intermédiaire de leur tête de liste. Des points de convergence se dégagent, de même qu’une vision plus ou moins conservatrice vis-à-vis de l’ouverture du pays, selon les candidats.

Difficile de se faire élire sur un bilan, selon la formule consacrée. À défaut, les politiques peuvent défendre un projet, une vision. C’est le sens de la question formulée le 19 septembre dernier par Paperjam en conclusion de la grande table ronde organisée à Mamer et qui a réuni six représentants des principaux partis: Déi Gréng, l’ADR, le DP, le CSV, le LSAP et Déi Lénk.

Que le pays reste ouvert et soit mieux organisé.

François Bausch, Déi Gréng 

À quoi ressemblera le Luxembourg en 2023, à la fin de la mandature qui s’ouvrira suite aux élections? Chacun a formulé sa réponse en une minute.

Pour François Bausch (co-tête de liste dans le Centre pour Déi Gréng), l’action du prochain gouvernement doit s’inscrire dans la continuité des actions entreprises, pour que le pays soit «mieux organisé» et que les «effets néfastes» en matière de mobilité et de développement territorial diminuent. Tout en maintenant l’esprit d’ouverture sur l’extérieur.

Nous n’aurons plus d’immigration illégale.

Fernand Kartheiser, ADR 

Fernand Kartheiser (co-tête de liste de l’ADR dans le Sud) réclame un budget de l’État en équilibre, une attention sur les écoles ainsi qu’une liberté laissée aux familles pour choisir leur mode de vie. Le représentant de l’ADR glisse une vision plus maîtrisée, voire choisie, de l’immigration en demandant qu’il n’y ait «plus d’immigration illégale».

Nous devons continuer à investir, investir et investir.

Pierre Gramegna, DP

Pierre Gramegna (co-tête de liste du DP dans le Sud) rappelle que le Luxembourg a toujours su tirer son épingle du jeu grâce au multilinguisme et à l’ouverture. «Nous avons fait du luxembourgeois une langue d’intégration durant les cinq dernières années», estime le ministre des Finances sortant, qui ajoute que «nous devons continuer à investir, investir, investir comme nous l’avons fait», citant le montant de 10 milliards financés à hauteur de 80% par les recettes et 20% par l’emprunt.

Que le Luxembourg ait sa place en Europe.

Claude Wiseler, CSV

Claude Wiseler (tête de liste nationale pour le CSV) demande un Luxembourg «fort», de choisir l’avenir du pays et de ne pas le laisser filer au gré des hasards. «Je voudrais que le Luxembourg ait sa place en Europe et qu’il soit un pays qui donne une nouvelle impulsion à l’UE.» Et d’ajouter qu’il souhaite «garder le pays ouvert, accueillant».

Un avenir prospère pour le pays.

Étienne Schneider, LSAP

Étienne Schneider (tête de liste nationale du LSAP) voit le Luxembourg dans cinq ans comme «plus prospère, plus équitable, plus juste» et avec une «économie plus durable qu’actuellement». Le vice-Premier ministre sortant veut résoudre les problèmes du logement et veut donner plus de temps aux salariés «à passer avec leur famille». «Je vois un avenir prospère pour le pays, beaucoup d’opportunités pour les jeunes», sans briser la dynamique commencée il y a cinq ans, ajoute-t-il.

La planète est en danger.

David Wagner, Déi Lénk

Estimant que l’arrivée au pouvoir de son parti serait synonyme du «système» actuel, David Wagner (tête de liste dans le Centre pour Déi Lénk) voudrait dans cinq ans un «Luxembourg qui serait sorti des niches fiscales», un pays qui essaie de profiter de toutes ses ressources. Le député rappelle que l’avenir du pays se jouera à l’international. «La planète est en danger, l’humanité est en danger, c’est une question de plusieurs décennies.» En prévenant que si rien ne change, nous aurons fait les mauvais choix.

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