«Que de bonnes nouvelles»

11 Octobre 2017 Par François Aulner
Budget Gramgna Elvinger Di Bartolomeo
Pierre Gramegna déposait le projet de budget pour 2018 ce mercredi, comme d'habitude depuis quelques années, sur support USB.
(Photo Mike Zenari)

C’est dans un contexte économique très favorable que le ministre des Finances présentait ce mercredi un projet de budget pour 2018. Outre l’embauche d’un millier de personnes pour l’État, il annonçait une adaptation du régime des stock-options.

Le dernier budget de la mandature sera sous le signe de la «qualité de vie, compétitivité et continuité», déclarait Pierre Gramegna (DP) à la Chambre des députés ce mercredi, lors du dépôt du projet de loi concernant le budget de l’État pour 2018 et le projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle pour la période 2017-2021.

Le ministre des Finances se félicitait: malgré la perte à hauteur d’un milliard d’euros de recettes de la TVA sur le commerce électronique, malgré la réforme fiscale et ses allègements et malgré les investissements soutenus, la trajectoire des finances publiques serait très positive.

Le ministre des Finances annonçait par ailleurs l’approche pour réformer le régime des stock-options, respectivement des «warrants». L’objectif serait d’aligner le taux d’imposition au demi-taux global, comme c’est le cas pour l’imposition des plus-values. Ainsi, avec un taux d’imposition maximal de 42%, le demi-taux global serait donc de 21% et le système, selon le ministre, «plus cohérent et juste».

Plus de 1.000 embauches

Fidèle à une politique favorable aux familles et à l’enfance du gouvernement, Pierre Gramegna annonçait ce mercredi la création de 500 postes supplémentaires dans l’enseignement et dans l’encadrement des enfants.

L’embauche de personnel supplémentaire ne s’arrête pas à ces domaines: le ministre des Finances annonçait aussi l’embauche de 100 personnes pour la police et les services de sécurité, 100 pour l’administration des contributions directes et 20 pour l’administration de l’enregistrement et des domaines (qui sera d’ailleurs réformée et modernisée).

Pour conclure, le ministre expliquait: «Ce qui compte pour ces administrations compte aussi pour les autres. Pour répondre aux nombreux devoirs internationaux et continuer à bien servir les citoyens ici, l’État créera l’année prochaine 533 nouveaux postes au total».

Avec les 500 postes dans l’enseignement, l’État embauchera donc plus de mille personnes, qu’il faudra encore trouver.

Réponse aux défis

Face aux risques à court terme au niveau de la géopolitique, à moyen terme en ce qui concerne régulation, notamment des fonds, et à long terme à cause du changement climatique et de la digitalisation, le gouvernement veut profiter du contexte économique favorable au Luxembourg pour répondre à ces risques.

Ainsi, Pierre Gramegna annonçait une «bonification d’impôts pour investissement en logiciels acquis» ainsi qu’une bonification d’impôts pour les entreprises qui investissent dans des voitures électriques.

D’autre part, les enveloppes de divers acteurs publics actifs dans la digitalisation seraient augmentées, comme c’est le cas par exemple pour le CTIE (Centre des technologies de l’information de l’État) ou encore le LHoFT (Luxembourg House of Financial Technology).

Croissance gérable

À un an des législatives, Pierre Gramegna assurait que «ce gouvernement ne fait pas une politique pour les élections, mais pour la prochaine génération». Plusieurs passages de son discours avaient néanmoins une touche très politique. Face à des critiques du CSV et de l’ADR soulignant que la dette augmentait malgré la croissance économique, le ministre des Finances soulignait qu’en pourcentage du PIB, la dette continuerait de diminuer au cours des prochaines années.

En ce qui concerne l’administration centrale (donc sans la sécurité sociale et les communes), le déficit de 800 millions d’euros serait largement dû aux investissements élevés. De quoi interroger ses détracteurs, sans les citer par le nom: «quelles écoles, quels logements ou quelles routes ne souhaiteraient-ils pas construire?».

Par ailleurs, il rappelait que selon les derniers chiffres, la population du Grand-Duché n’atteindrait plus 1,2 million en 2060, mais «juste» 1 million. Tandis qu’il estime, à l’image de la Sarre, que cela est gérable, il reprochait à ses prédécesseurs d’avoir raté pendant des décennies l’occasion d’adapter les infrastructures.

Le projet de loi concernant le budget de l’État pour 2018 et le projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle pour la période 2017-2021 seront désormais traités en commission parlementaire. La députée Joëlle Elvinger (DP) présentera un rapport en fin d’année.

Discours de Pierre Gramegna

Retrouvez le discours du ministre des Finances prononcé à la Chambre ce matin:

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