Quatre nouveaux IRM et un doute

07 Juin 2018 Par Jean-Michel Hennebert
IRM
La décision d’installer quatre nouveaux appareils d’imagerie à résonnance magnétique pourrait ne pas être l’unique solution pour réduire le temps d’attente des patients, selon l’analyse de la CNS.
(Photo: Licence C.C.)

Officialisée mercredi par Lydia Mutsch (LSAP), ministre de la Santé, l’installation de nouveaux appareils d’imagerie à résonnance magnétique vise à réduire le temps d’attente des assurés. Ce que conteste en partie la CNS, qui proposait une approche «plus globale».

Face à des temps d’attente trop longs pour les assurés et des mois de discussions sur la nécessité ou non d’augmenter le nombre d’IRM, le gouvernement a tranché. Quatre nouveaux appareils viendront dans les mois à venir compléter les sept IRM déjà en service à travers le pays. Une décision prise lors de la quadripartite santé de la semaine dernière et officialisée mercredi par Lydia Mutsch (LSAP), ministre de la Santé, qui a transmis les autorisations aux hôpitaux concernés. À savoir le Centre hospitalier de Luxembourg, l’Hôpital du Kirchberg, le CHEM d’Esch et l’Hôpital d’Ettelbruck.


Mais cette décision, qui suit pourtant les recommandations de la commission permanente du secteur hospitalier, ne fait pas l’unanimité. Dans une lettre non publique envoyée aux ministres de la Sécurité sociale et de la Santé, la Caisse nationale de santé (CNS) a réitéré ses «doutes» quant aux effets réels de la seule hausse du nombre d’appareils disponibles sur la baisse du temps d’attente.

Pour l’établissement public, une approche plus globale prenant en compte non seulement le nombre d’IRM, mais aussi le temps d’utilisation des machines et les disponibilités des personnels capables de les utiliser permettrait de mieux répondre à l’objectif final. La réduction du temps d’attente pour les patients aurait été possible avec seulement deux nouveaux appareils associés à une meilleure organisation des hôpitaux.

Politique de l’arrosoir en faveur des quatre hôpitaux.

Nicolas Henckes, vice-président de la CNS

Une conjugaison d’éléments qui pousse Nicolas Henckes, vice-président de la CNS, à assurer que «la réduction du temps d’attente pour les patients aurait été possible avec seulement deux nouveaux appareils associés à une meilleure organisation des hôpitaux». Cette dernière, selon lui, devrait notamment passer par une utilisation «plus efficace» des machines déjà en service «puisqu’actuellement, elles ne fonctionnent pas en soirée, alors qu’un hôpital est ouvert 24h/24».

Pour Nicolas Henckes, le choix politique effectué «répond avant tout à une politique de l’arrosoir en faveur des quatre hôpitaux qui ont tous réussi leur politique de lobby, ce qui leur permettra de générer plus de business en proposant toujours plus de services aux patients».

Premier bilan attendu dans un an

Une référence aux conclusions de l’audit sur la conformité des prescriptions d’examens d’imagerie médicale, publié en septembre 2017 par le ministère de la Santé, qui indiquait qu’au niveau global, 20% des prescriptions effectuées par les médecins étaient non conformes. Dans le détail, ce chiffre diminuait à moins de 20% chez les enfants, mais grimpait à près de 40% chez les adultes. Des chiffres qui pourraient encore augmenter avec l'élargissement de l’offre, à en croire l’analyse de la CNS, les médecins pouvant avoir plus facilement accès théoriquement à cette technologie.

Christophe Knebeler, membre du comité directeur de la CNS, assure de son côté avoir «pris acte de la décision politique» et plaide pour «la mise en place d’un premier bilan dans un an environ» afin de vérifier «si la seule hausse du nombre d’IRM en service fera effectivement et significativement baisser le temps d’attente des assurés». Un temps d’attente pouvant atteindre plusieurs mois actuellement. En cas de bilan mitigé, la question d’une approche multiple devrait donc revenir sur le devant de la scène.

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