Profiter du meilleur des deux mondes

20 Décembre 2017 Par Thierry Raizer
Olivier Chatain
Olivier Chatain, patron des entités de Crédit Agricole au Luxembourg, espère, à terme, réunir les équipes sous un même toit.
(Photo: Nader Ghavami)

CA Indosuez Wealth (Europe) mise sur l’effet de taille du groupe Crédit Agricole tout en exerçant son métier à taille humaine à l’échelle européenne, depuis le Luxembourg.

CA Indosuez Wealth (Europe) est-elle le reflet des mouvements qui vont s’opérer dans les prochains mois ?

L’acquisition rendue publique en novembre dernier de la banque italienne Banca Leonardo donne en effet l’idée du besoin pour les gestionnaires de fortune paneuropéens: disposer d’un réseau sur plusieurs pays pour répondre aux besoins de clients, qu’il s’agisse de riches familles ou d’entrepreneurs.

«Cette acquisition s’inscrit pleinement dans le plan stratégique Shaping Indosuez 2020 qui repose sur quatre piliers, dont la croissance organique et externe», déclare Olivier Chatain, administrateur délégué de CA Indosuez Wealth (Europe) depuis octobre 2015. «Nous nous sommes fixé comme objectif d’atteindre les 5 milliards d’euros dans nos trois succursales afin d’avoir la taille suffisante pour être profitables tout en pouvant disposer de la présence sur place d’experts qui nous permettent de remplir notre promesse aux clients.»

Pilotée depuis le Luxembourg, hormis celle de la France, la Suisse et Monaco, l’activité européenne de gestion de fortune du groupe Crédit Agricole repose en effet sur une succursale en Espagne, en Belgique et en Italie. Cette dernière vient de s’adosser le nom emblématique de Banca Leonardo. «Nous rentrons en ‘série A’ en Italie grâce à cette opération qui nous permet d’accélérer notre présence sur ce marché, ajoute Olivier Chatain. L’arrivée de Banca Leonardo, qui conservera son nom fort, nous permet aussi d’apporter un soutien à notre banque universelle Crédit Agricole, tout en affinant la segmentation de notre offre pour notre clientèle en Italie.»

Avec 3 milliards en Espagne, le cap des 5 milliards devrait être atteint à l’échéance 2020. Deux milliards sont enregistrés en Belgique, mais «avec un niveau de performance financière élevé, note Olivier Chatain. Après cette acquisition en Italie, la bonne gestion voudrait que l’on fasse une pause dans ce type d’opération en raison de la phase d’intégration importante qui s’en suit.»

De la stratégie à l’exécution

Le gestionnaire de fortune est en pleine phase d’exécution d’une stratégie pensée sur la base de son cœur de métier: des services et des produits en ingénierie patrimoniale internationale. «Nous allons lancer une nouvelle ligne d’activité dans les crédits complexes ou des opérations de financements atypiques pour nos grands clients», note Olivier Chatain qui garde aussi à l’agenda – comme ses confrères – les défis et parfois les opportunités des échéances réglementaires, dont l’entrée en vigueur de Mifid II le 3 janvier 2018. «C’est aussi une opportunité de professionnaliser davantage notre métier et de valoriser nos services à forte valeur ajoutée dans le domaine du conseil aux investisseurs et la gestion discrétionnaire», estime Olivier Chatain.

Un des autres piliers stratégiques est justement l’optimisation de l’efficacité, au même titre que la conformité qui renvoie à l’importante notion du risque de réputation. CA Indosuez Wealth a identifié la fédération de ses collaborateurs et le digital comme autres piliers de construction d’ici 2020. «Il serait inconscient de ne pas se préoccuper de la transformation digitale et de ne pas investir dans ce registre, estime Olivier Chatain. Mais notre métier a un niveau d’urgence moins grand.»

À l’image du développement de son entité, l’administrateur délégué de CA Indosuez Wealth envisage le futur du secteur au Luxembourg sous le prisme d’une poursuite d’une certaine consolidation rimant avec fin de l’activité pour certains.

«Le Luxembourg continuera de jouer le rôle de hub pour une clientèle fortunée voulant investir en Europe, ajoute Olivier Chatain. Il y a suffisamment de place pour tous les acteurs, mais je pense que la consolidation du métier va continuer, car tous les acteurs ne parviendront pas à maîtriser leur efficacité en raison, d’une part, des besoins des clients et d’autre part, des obligations réglementaires.» Les poches de croissance ne manquent pourtant pas pour les enseignes qui voudront ou pourront se donner les moyens de les approcher.

Comme l’Italie où CA Indosuez Wealth avait ouvert sa succursale en 2015 et qui représente, selon Capgemini, le 5e marché de la banque privée en Europe – 10e au niveau mondial – avec 250.000 foyers disposant de plus d’un million d’euros.

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