Prévenir le burn-out

06 Décembre 2018 Par Jonas Mercier
Anne-Claire Delval: «L’hyperconnexion est pour moi un élément déclencheur, qui explique pourquoi cette maladie est si fréquente à notre époque.»
Anne-Claire Delval: «L’hyperconnexion est pour moi un élément déclencheur, qui explique pourquoi cette maladie est si fréquente à notre époque.»
(Illustration: Hadi Saadaldeen / Maison Moderne)

Certains le qualifient de mal du siècle, d’autres de mot à la mode. En France, on le traduit par «syndrome d’épuisement professionnel». Mais existe-t-il des moyens à mettre en place au sein des organisations pour l’éviter?

Tout le monde souffre de stress. Parfois il s’avère stimulant et donc bénéfique, mais quand il est permanent, il est destructeur.

Le burn-out est le résultat de son accumulation. «L’hyperconnexion est pour moi un élément déclencheur, qui explique pourquoi cette maladie est si fréquente à notre époque», assure Anne-Claire Delval, sophrologue et fondatrice du site internet www.deep.lu.

Mal détecté, le burn-out n’est pas encore reconnu comme une maladie professionnelle par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pas plus que par la Caisse nationale de santé (CNS). Difficile dans ces conditions d’avoir des statistiques précises sur son ampleur au Luxembourg.

Toujours est-il qu’il représente une réalité bien palpable dans le monde de l’entreprise et que son coût, en termes humains et financiers, n’est pas à prendre à la légère. L’ampleur du phénomène a même poussé la Fondation Hôpitaux Robert Schuman à lancer un programme thérapeutique dédié au sein de son GesondheetsZentrum.

Faut-il avoir confiance dans la SMT?

De plus en plus d’entreprises essaient de prévenir le phénomène en travaillant sur leur organisation interne. Certaines tentent par exemple d’instaurer un droit à la déconnexion.

«Il faut faire attention, car c’est une mesure qui peut paradoxalement générer du stress chez ceux qui peuvent être rassurés de lire leurs mails en soirée, prévient Anne-Claire Delval. Sa mise en place doit donc être adaptée en fonction des habitudes de chaque salarié pour être efficace.»

Mais le plus important est de pouvoir donner une pause à son cerveau, peu importe quand celle-ci intervient. Cela peut se traduire par une petite marche solitaire pendant la pause de midi ou un temps de méditation, yeux fermés, entre deux tâches.

«Les managers en font parfois une montagne, mais de toutes petites choses, comme accorder une sieste de 15 minutes après le repas ou organiser un petit-déjeuner hebdomadaire avec son équipe pour sortir du contexte professionnel, peuvent avoir un réel impact», complète Anne-Claire Delval.

Il existe aussi des remèdes plus directs, comme la stimulation magnétique transcrânienne (SMT). «C’est une façon très simple de réactiver ses neurones, qui peut être utilisée comme un traitement préventif ou un soin curatif du burn-out», détaille le psychiatre français Alain Meunier. Une technique dont l’utilisation est quasiment banalisée outre-Atlantique, mais encore peu répandue eu Europe.

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