Préserver l’expertise malgré l’externalisation

08 Février 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Jean-Francois Terminaux
Le président de Finance & Technology, Jean-François Terminaux, plaide pour la plus-value apportée par les PSF de support.
(Photo: Maison Moderne)

Jean-François Terminaux, représentant du secteur des PSF de support, analyse pour Paperjam l’impact de la nouvelle loi qui prévoit l’externalisation des services financiers.

Au cours de son parcours parlementaire, le projet de loi 7024 qui devait transposer au niveau national un règlement européen relatif aux commissions d’interchange pour les opérations de paiement liées à une carte a suscité pas mal de discussions, voire d’opposition.

Voté ce mardi au Parlement luxembourgeois, il offre donc la possibilité aux acteurs financiers d’externaliser une partie de leurs activités auprès d’acteurs établis hors des frontières. Avec quelles conséquences pour le secteur des PSF de support (professionnels du secteur financier), une véritable spécificité luxembourgeoise qui a grandi dans l’ombre des grandes institutions (banques, assurances…) pour leur offrir des services pointus… sous le contrôle de la CSSF.

Président de Finance & Technology, l’association qui regroupe les PSF de support, Jean-François Terminaux rappelle qu’ils ont été les premiers à réagir contre ce projet de loi dont les dispositions concernant l’outsourcing étaient passées relativement inaperçues. «Depuis, pas mal de modifications ont été apportées au texte», convient-il.

Au tour de la CSSF d’agir

Mais aujourd’hui, ce qu’il attend d’urgence, c’est que la CSSF se positionne par rapport à ces nouvelles dispositions dans la loi en modifiant à son tour ses circulaires qui règlent l’activité des PSF de support. «Depuis le vote de la loi, nous sommes pris entre une loi qui dit une chose et les circulaires de la CSSF qui en disent une autre. Elle doit donc rapidement modifier ses textes concernant l’outsourcing», poursuit Jean-François Terminaux, qui est aussi le directeur général de Unify Luxembourg.

Il admet que pour leurs clients (banques et assurances) comme pour eux, il y a peut-être des économies à réaliser en déplaçant des activités de moindre valeur ajoutée dans des entités hors du Luxembourg. «Par contre, insiste-t-il, le Luxembourg a acquis une compétence très forte au niveau des PSF de support et ce serait dommage de se priver de ce savoir-faire. Il faut trouver le bon équilibre pour préserver ces capacités d’ingénierie au Luxembourg.»

Nous n’avons pas attendu ce vote pour préparer notre avenir.

Jean-François Terminaux, président de Finance & Technology

Des impacts sont inévitables pour tout le secteur financier, estime encore le représentant du secteur. Mais ils impacteront toute la Place sans pour autant parler d’une catastrophe. «C’est à nous de faire en sorte de faire évoluer notre métier, lance-t-il. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu ce vote pour préparer notre avenir. Des pas importants ont déjà été faits pour assurer notre transformation.»

Quant au ministre des Finances, Pierre Gramegna, s’il a tenu à faire passer ces dispositions, c’est dans l’espoir d’attirer au Luxembourg des acteurs financiers qui n’y sont pas encore, notamment dans le cadre du Brexit. Une tentation pour le pays qui serait plus facile à concrétiser si les services de back-up peuvent rester hors des frontières. Reste donc à coordonner les intérêts de l’État et ceux du secteur. 

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