Premiers chiffres encourageants pour dexiaplus

21 Février 2003 Par Jean-Michel Gaudron

Les hommes changent, mais pas les bonnes habitudes. André Roelants a cédé la place à Marc Hoffmann à la tête de Dexia-BIL, mais la traditionnelle "réception du nouvel an' de début janvier est toujours l'occasion pour les dirigeants de la banque luxembourgeoise de tirer un premier bilan provisoire de l'année écoulée et de dresser quelques esquisses de ce que sera celle en cours. 

Avec plus d'austérité et moins de chaleur que son prédécesseur, Marc Hoffmann s'est donc plié, ce jeudi, à cet exercice de style, dans la nouvelle et très futuriste salle du Conseil du siège de Dexia-BIL, en présence de François Narmon, président du Conseil d'administration.

Il y avait pourtant de quoi se montrer particulièrement enthousiaste au vu de l'évolution de la banque au cours d'une année 2000 qualifiée de "vraiment pas banale" par M.Hoffmann. Dans un contexte économique globalement très délicat, les chiffres rendus publics sont en effet plutôt bons, puisque au 30 septembre 2001, le revenu net de l'ensemble du Groupe s'affichait en hausse de 47,4% à 1,09 milliard d'Euro, pour un bénéfice par action passé, en douze mois, de 0,88 Euro à 0,93 Euro (+9,4%). "Et les chiffres concernant le dernier trimestre de l'année sont dans la parfaite lignée des neufs mois précédents" a tenu a préciser le Président du Conseil d'Administration de la Banque.

La forte progression du résultat net est, à plus de 80%, dû aux effets de l'élargissement du périmètre de consolidation, avec les acquisitions de FSA aux Etats-Unis, de Bank Labouchere et de Kempen aux Pays-Bas (qui seront définitivement fusionnés, fin janvier, sous une même entité Dexia Bank Netherland) et enfin de Artesia en Belgique.

Dexia-BIL, pour sa part, a maintenu une croissance de ses dépôts clients, passés de 25,8 milliards d'Euro en 2000 à 26,1 milliards en 2001 (+1,2%).

Mais l'un des principaux événements de l'année aura également été le réalignement de la stratégie Internet: finie l'idée d'une banque directe telle qu'imaginée fin 2000: la plate-forme dexiaplus a ainsi été intégré au sein de la banque privée, proposant ainsi à la clientèle une véritable offre "multi-canale" complète. "L'Internet en tant que support à part, nous n'y croyons plus, a bien réaffirmé Marc Hoffmann. En revanche, il s'intègre parfaitement en tant que canal de distribution au sein d'un réseau. À nos yeux, le contact avec un conseiller reste l'élément essentiel dans notre stratégie commerciale". 

Le service précédent "BILonline" a été remplacé par dexiaplus.lu en octobre 2001. En l'espace de deux mois, le nombre de clients actifs a progressé de 7% (près de 2.000 nouveaux clients recensés), et le nombre de messages sécurisés transmis via la plate-forme Internet a été multiplié par sept. Aujourd'hui, ce sont environ 10% des clients de Dexia-BIL qui utilisent ce canal, et l'objectif est d'atteindre une proportion entre 15% et 20% pour 2002.

Autres preuves tangibles du succès de la formule: en décembre, 43% des opérations de Bourse ont été réalisées via ce canal, alors que le nombre d'opérations de virement initiées par Internet est passé d'une moyenne mensuelle de 6.500 à plus de 11.000. "Dans la mesure où c'est le client qui assure la saisie des données, et que le traitement est entièrement automatisé, les économies de coûts sont substantielles pour la Banque" assure Marc Hoffmann.

Du coup, c'est le client qui en bénéficie: avec une réduction de 1,5 Euro sur les virements internationaux; une remise de 30% sur les droits d'entrée lors de la souscription d'une Sicav ou de 0,35% sur les ordres de Bourse (avec un minimum de 30 Euro).

Le "multi-canal', c'est, soit dit en passant, un des thèmes abordés en profondeur dans la prochaine édition à venir de paperJam, dont le dossier central, consacré à la Place financière, abordera également la problématique des fonds d'investissement; le positionnement de la Bourse de Luxembourg dans le paysage européen et les stratégies des prestataires externes de services aux institutions financières.

Patience, la parution est pour le jeudi 17 janvier?