Premières esquisses pour la Galerie nationale

14 Juin 2018 Par France Clarinval
L’accueil de la Galerie nationale d’art luxembourgeois se fera dans l’aile baroque.
(Photo: ministère de la Culture)

Xavier Bettel a présenté le projet de Galerie nationale d’art luxembourgeois et du centre de documentation attenant. Il faudra cinq ans avant d’en voir l’ouverture.

C’est lors d’un discours pour le départ à la retraite de Jean Back, ancien directeur du Centre national de l’audiovisuel (CNA) que Xavier Bettel avait surpris tout le monde en annonçant que le bâtiment de la Bibliothèque nationale serait affecté à une galerie d’art luxembourgeois quand la Bibliothèque nationale de Luxembourg (BnL) aurait déménagé au Kirchberg. «Il y a un manque de visibilité et de compréhension globale des artistes luxembourgeois», plaide-t-il.

«L’idée n’est pas de vider les autres institutions muséales des artistes locaux et d’en faire un sous-musée», annonçait-il aujourd’hui pour faire répondre aux artistes qui craignent une ghettoïsation et une mise à l’écart. Si on est encore loin d’un concept muséographique clair – celui-ci sera confié à un ou des conservateurs –, l’image de la transformation des lieux semble plus aboutie.

Les cinq ailes du bâtiment, construites et transformées depuis le début du 17e siècle, abriteront des espaces d’expositions (permanentes et temporaires) sur 1.000m2, un centre de documentation, des espaces administratifs, du stockage et 36 logements pour jeunes et étudiants. 

Projet de salle d'exposition, salle du parvis

Projet de salle d’exposition, salle du parvis

Après consultation des institutions culturelles existantes – Mudam, Casino Luxembourg, musées de la Ville et musée national – c’est au Musée national d’histoire et d’art (MNHA) que la Gnal sera rattachée, à la manière de ce qui est déjà en place pour le musée Dräi Eechelen. «On estime qu’il faudra augmenter l’équipe de 10 à 12 personnes, dont un ou plusieurs conservateurs, le budget du Musée national d’histoire et d’art sera augmenté d’autant», rassure le ministre.

Définition de l’artiste luxembourgeois

La Gnal n’aura pas de collection propre, donc pas de budget d’acquisition, et fonctionnera avec des prêts de collections publiques nationales et municipales et de collections privées. Une exposition permanente présentera de manière chronologique l’art luxembourgeois depuis 1945, «période méconnue et qui complètera ce qui est montré dans les autres institutions».

Le périmètre de définition d’art luxembourgeois comprend les artistes de nationalité luxembourgeoise qui travaillent ici et à l’étranger, ainsi que les étrangers qui travaillent au Luxembourg. Pour être pris en considération, les artistes doivent avoir eu au moins une exposition (monographique ou non) dans un lieu dédié.

Des expositions temporaires autour d’un artiste, d’un courant, d’une technique compléteront l’offre qui doit «permettre une mise en parallèle et une contextualisation avec les démarches artistiques en Europe et ailleurs.»

Un centre de documentation pour des archives artistiques

L’aspect le plus intéressant, même s’il est moins grand public, est celui de la création d’un centre de documentation qui va collecter et conserver les documents liés à l’histoire de l’art au Luxembourg et mettre en place un dictionnaire des artistes luxembourgeois. La recherche et l’analyse en seront ainsi facilitées, à l’image de ce que fait le Centre national de la littérature pour les écrivains ou le Centre national de l’audiovisuel pour les archives sonores et filmiques.

Les travaux, budgétés à hauteur de 36 millions d’euros, pourront démarrer dans deux ans et en dureront trois, a annoncé le ministre de la Culture. Le temps de la culture et de la transformation architecturale étant bien différent du temps politique, il faudra voir comment le projet sera suivi à l’avenir.

La rédaction a choisi pour vous

11:28

Le DKollektiv clôture son année avec une programmation éclectique autour du Hall Fondoucq de Dudelange, monument sidérurgique qui risque de disparaître très bientôt.

Frédérique Buck: «La question migratoire est aussi une question essentielle et passionnante, dans le sens où elle révèle beaucoup sur nous, nos valeurs, notre capacité à penser le changement.»

07:03

Le documentaire «Grand H», projeté au Cinéma Utopia depuis le 10 octobre, rassemble 15 témoignages de personnes issues de la société civile qui côtoient et travaillent avec des demandeurs d’asile. Frédérique Buck se livre pour expliquer les raisons de ce projet cinématographique autour du rapport aux autres et à nous-même.