Portabilité mobile: on y arrive...

21 Janvier 2005 Par Jean-Michel Gaudron

Sauf problème de dernière minute, la portabilité des numéros mobiles devrait enfin entrer en vigueur le 1er février prochain, soit plus d'un an et demi après la date théorique de l'entrée en vigueur de la directive européenne sur les services universels. 

Le chemin aura été bien long pour en arriver là, mais si, sur le papier, le principe de portabilité est on ne peut plus simple (un abonné d'un opérateur ou d'un fournisseur peut s'engager auprès d'un autre opérateur ou fournisseur, tout en gardant inchangé son numéro de téléphone), il n'en a pas été de même dans la mise en oeuvre de la solution technique retenue (Systor, venue de Norvège) au terme de l'appel d'offre lancé par l'ILR en 2003. "Heureusement que nous avons procédé à toute une phase de tests, sans quoi rien n'aurait marché correctement au moment du lancement", commente un des opérateurs mobiles luxembourgeois.

Le 11 janvier dernier, une réunion du "working group" dans lequel tous les acteurs (opérateurs et providers, sous l'oeil bienveillant de l'ILR) sont réunis, a, ainsi, définitivement approuvé l'ensemble des modalités de mise en oeuvre de la portabilité. A charge pour le GIE Telcom, qui regroupe les cinq acteurs "mobiles" luxembourgeois Tango, P&T, Voxmobile, CMD et Mobilux, d'assurer la bonne marche de l'ensemble, notamment la gestion de la base de données commune à l'ensemble des opérateurs/providers.

"L'une des grandes réussites de Telcom a été de faire en sorte que les gens des télécommunications au Luxembourg communiquent entre eux et de permettre à ce qu'il y ait beaucoup de problèmes en moins à résoudre", se réjouit Yves Gordet, directeur de CMD et l'actuel président de ce GIE.

Reste à savoir quel sera l'accueil des utilisateurs à cette facilité de changer d'opérateur. Dans les pays nordiques, les plus avancés en matière de pénétration et de développement de la téléphonie mobile, on atteint jusqu'à des taux de portage de 25%. A contrario, en France, l'Autorité de régulation télécommunications (ART) a, récemment, évoqué un "échec commercial', au vu des statistiques: moins de 150.000 numéros ont été portés depuis juin 2003, soit un ratio de... 0,4%.

La raison est simple: la France est le seul pays qui, dans les procédures de portage, prévoit que c'est à l'opérateur "donneur" - celui que l'abonné veut quitter - de délivrer les documents nécessaires à la bonne réalisation du portage. Partout ailleurs, cette mission incombe - et cela semble plus logique - à l'opérateur "receveur". Une situation qui devrait sans dote amener l'ART a revoir quelque peu sa copie...

Du côté du Luxembourg, les discussions intenses menées par totes les parties, ont fait en sorte de limiter grandement les problèmes de ce genre. La Commission nationale pour la protection des données (CNPD), consultée par l'ILR, a même été de la partie, en émettant quelques recommandations afin d'assurer un maximum d'efficacité dans les démarches, tout en respectant la législation en matière de traitement des données à caractère personnel.

Selon toutes vraissemblance, les acteurs concernés ne devraient pas facturer le coût du portage au niveau du client final.