Plus jamais seul(e) dans ma voiture

08 Mai 2018 Par Jean-Michel Hennebert
Copilote
Disponible pour le moment uniquement en français, l’application Copilote basculera en anglais et en allemand à la mi-septembre, au moment de la Semaine de la mobilité, prévue entre le 16 et le 22 septembre.
(Photo: Studio / Maison Moderne)

Six mois après la date initialement annoncée, l’application de covoiturage «révolutionnaire» du gouvernement a été dévoilée ce mardi. Baptisée «Copilote», elle correspond à un élément supplémentaire dans la chaîne de la «nouvelle mobilité» défendue par les autorités.

En absorbant, au cours des 20 dernières années, quelque 185.000 résidents supplémentaires et 125.000 frontaliers pour satisfaire aux 205.000 nouveaux emplois créés, la question de la mobilité s’est peu à peu transformée en enjeu central de la compétitivité du pays. Face à cette réalité, les solutions apportées sont multiples. Que ce soit le développement de l’offre de transports en commun, la création de pôles d’échange multimodaux ou la valorisation de nouveaux comportements.

C’est dans cette dernière catégorie que se situe le développement de l’application Copilote, voulue «révolutionnaire» par rapport aux applications existantes, comme BlaBlaCar, ZenOnCar, ou CoVo. En clair, «une plateforme dynamique qui permettra en temps réel de savoir où se trouve la voiture utilisée pour le covoiturage, mais aussi les personnes qui doivent l’emprunter, grâce à la géolocalisation», expliquait François Bausch (Déi Gréng), ministre du Développement durable et des Infrastructures. 

Internationalisation de l’expérience IDvroom

Présentée ce mardi, soit six mois après la première date annoncée de mise en service, l’application doit permettre au pays d’atteindre ses objectifs de hausse du taux d’occupation moyen des véhicules en circulation pour les trajets domicile-travail. «Chaque matin, 250.000 sièges automobiles vides entrent dans l’agglomération de Luxembourg-ville», rappelle François Bausch, en référence à la présence moyenne de 1,16 personne par voiture pour les résidents, et 1,24 personne pour les frontaliers.

L’objectif, d’ici 2025, étant d’atteindre un taux moyen de 1,5 personne par voiture effectuant un trajet domicile-travail. «Ce qui doit réduire de 50.000 le nombre quotidien de véhicules sur nos routes», affirme le ministre. Et «faire des économies annuelles d’environ 130.000 tonnes de CO2, soit 2,4% des émissions du secteur des transports», avance Camille Gira, secrétaire d’État au Développement durable.

Salariés de Deloitte et PwC impliqués dans la phase test

Pour y parvenir, l’application développée par Ecolutis, filiale à 100% de SNCF Mobilités à l’origine d’une centaine de solutions de covoiturage pour les entreprises, mise sur une mutualisation de l’expérience engrangée. Fonctionnant non seulement sur le territoire national, mais aussi sur les pays limitrophes, Copilote utilise les bases de données de l’application IDvroom et de ses quelque 650.000 utilisateurs actifs. Proposant aussi bien de rechercher des trajets – qu’ils soient effectués régulièrement ou sporadiquement – en tant que passager que de mettre à disposition des places dans son véhicule, l’application intègre également un affichage de tous les P+R et aires de covoiturage de la Grande Région.

Pensée également pour les entreprises, Copilote propose la notion de «communauté», qui permet aux employeurs d’«inciter aux bonnes pratiques», mais aussi d’offrir «un stationnement préférentiel» aux covoitureurs. Des tests dans ce sens ont par ailleurs été effectués au cours des derniers mois avec PwC et Deloitte. «Nous avions déjà un système interne, mais aux fonctionnalités nettement moins puissantes que celles de Copilote», note Dominique Laurent, en charge de la gestion des bâtiments du cabinet d’audit et de conseil.

Remboursement de deux euros par trajet et par passager

En indiquant que «800 personnes sur nos 2.800 salariés sont inscrites pour faire du covoiturage, dont 300 utilisateurs actifs». Et ce dernier d’indiquer que, dans le cadre du développement de la Cloche d’Or, qui doit représenter à terme quelque 20.000 emplois, «une réflexion coordonnée avec Deloitte et Alter Domus devrait voir le jour, puisqu’avec quelque 6.000 salariés, les possibilités de covoiturage permettent d’assurer un service efficace».

Pour inciter d’autres employeurs à développer cette approche de la mobilité, l’État s’engage notamment au remboursement des frais de covoiturage du passager, notamment «au cours de la phase d’incitation». Autrement dit, de prendre en charge les frais réalisés et payés en ligne entre le 8 mai et le 15 juillet pour les trajets au départ ou à destination du Luxembourg. Et ce, à hauteur de deux euros maximum par trajet et par passager via un financement assuré par le Fonds climat et énergie. 

Coût initial du projet: 390.000 euros

À noter que ce dispositif pourra être déclenché «pour des occasions particulières» afin de réduire le nombre de véhicules en circulation, comme un pic de pollution ou des circonstances prévisibles. Ce sera notamment le cas entre le 16 juillet et le 14 septembre, dates prévues des travaux des CFL. 

Disponible pour le moment uniquement en français, l’application Copilote basculera en anglais et en allemand à la mi-septembre, au moment de la Semaine de la mobilité, prévue entre le 16 et le 22 septembre. Coût total du projet: 390.000 euros. Sans compter les frais engendrés par les remboursements des frais des utilisateurs.

La rédaction a choisi pour vous

21 Mars 2018

Au deuxième jour de la visite d’État en France, les deux gouvernements ont signé mardi un protocole d’accord destiné à «presque tripler» les capacités de mobilité transfrontalière. Explication détaillée avec François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures.

20 Mars 2018

Avec quelque 96.500 travailleurs frontaliers franchissant quotidiennement la frontière, la question des modes de déplacement des salariés français figure en haut des sujets qui seront discutés ce mardi au cours de la visite d’État officielle à Paris.

Navigation / Copilote

05 Février 2018

L’entreprise en charge du développement de la plateforme publique Copilote n’est autre qu’Ecolutis, la filiale des chemins de fer français spécialisée dans la conception et la mise en œuvre de systèmes de covoiturage sur mesure.