Pasha Rafiy et Laurianne Bixhain exposeront à Arles

14 Février 2018 Interviewé par Céline Coubray
Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d'Arles
Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles
(Photo : Mike Zenari)

À l’occasion de l’annonce du choix des artistes exposés, nous avons rencontré Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles. L’occasion de dresser le bilan de la première édition, et surtout de découvrir les nouveautés pour l’édition 2018.

Pour sa deuxième présence aux Rencontres de la photographie à Arles, l’association luxembourgeoise Lët’z Arles a fait appel à un jury international pour désigner deux artistes, en lien avec le Luxembourg. Pasha Rafiy et Laurianne Bixhain auront ainsi l’opportunité d’exposer leur projet personnel dans le cadre du programme associé des 49es Rencontres d’Arles. Le directeur nous en dit plus.

Monsieur Stourdzé, pouvons-nous revenir dans un premier temps sur le bilan de l’exposition qui s’est déroulée cet été et le début de ce partenariat entre Lët’z Arles et les Rencontres d’Arles?

«Nous avons un bilan très positif de cette première expérience. De toute façon, c’est assez simple: dans ce genre d’opération, si ce n’est pas bien, on arrête tout de suite. Ce qui était important au départ était de définir les objectifs. Le festival est une plateforme de diffusion, et je suis content que nous puissions servir d’accélérateur de particules pour que des scènes se structurent, scènes qui se composent non seulement des artistes, mais aussi d’un écosystème avec des institutions, des chercheurs, des commissaires, des conservateurs qui sont dans des disciplines ou périodes historiques différentes et qui couvrent la photographie dans toute sa diversité. La réussite d’une collaboration se mesure aussi pendant le temps de préparation de l’événement. Et je dois dire que j’ai vu très tôt une communauté qui se fédérait, qui se rencontrait, qui échangeait et qui avait la volonté de co-construire un projet qui soit cohérent. Cela paraît simple à dire comme cela, mais je peux vous affirmer que, moi qui suis plus à un poste privilégié d’observation de la manière dont les uns et les autres travaillent, ce n’est pas toujours le cas. Je ne doute pas, qu’ici aussi, il puisse exister quelques rivalités, mais la dimension positive l’a emporté sur tout le reste, et des personnalités différentes se sont rassemblées autour de la table au profit du projet. Le comité de pilotage a toujours œuvré dans cette direction, avec un esprit de bienveillance. Et puis, l’exposition luxembourgeoise a été un succès public, puisqu’elle a été visitée par 33.000 personnes!

Sam Stourdzé pendant l'interview accordée à paperjam.lu

Que nous réserve l’édition 2018 pour la participation luxembourgeoise?

«Le concept et l’approche ont été affinés pour le festival 2018. Nous avons souhaité donner des moyens de production et de la visibilité à des artistes dans deux catégories. Pour cela, deux projets sont sélectionnés: l’un provenant d’un artiste de plus de 35 ans dont la carrière est déjà confirmée, et l’autre, attribué avec le soutien de l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte à un artiste plus émergent, de moins de 35 ans.

Ce sont donc ces deux sélectionnés qui exposeront dans la chapelle des Trinitaires cet été?

«En effet. L’artiste confirmé intervient dans l’espace principal de la chapelle, et l’artiste émergent bénéficie d’un espace plus proche de l’idée d’une ‘project room’.

Sam Stourdzé pendant l'interview accordée à paperjam.lu

Peut-on savoir qui sont les heureux élus et comment ils ont été choisis?

«Il s’agit de Pasha Rafiy pour l’artiste confirmé, et Laurianne Bixhain pour l’artiste émergent. Ce choix permettra de découvrir des profils et des projets très différents. Ils recevront respectivement 40.000 euros et 20.000 euros pour produire leur projet. Quant à leur sélection, elle s’est faite par nominations. Cinq nominateurs proposaient chacun deux artistes émergents et deux artistes confirmés. À partir de ces propositions, une shortlist avec trois propositions pour chaque catégorie a été réalisée et soumise à un jury international composé de Paul di Felice, Christophe Gallois, Samuel Gratacap, Danielle Igniti, Michèle Walerich et moi-même. Les artistes shortlistés ont été contactés pour soumettre un projet spécialement conçu pour cette exposition. Ils ont d’ailleurs reçu un dédommagement pour ce travail. Les artistes n’ont donc pas été choisis sur leur portfolio, mais bien sur des ébauches de projet qui seront par la suite affinées avec les commissaires.

Êtes-vous satisfait de cette évolution de la participation luxembourgeoise?

«Arles, dans son rapport aux partenaires, s’inscrit plutôt dans la durée et intervient sur des propositions construites sur mesure. Avec Lët’z Arles, nous sommes pleinement dans cette co-construction. L’évolution est à mes yeux importante, car un de nos rôles est de trouver des moyens de production pour les artistes. Dans ce partenariat, il y a non seulement des moyens pour les artistes, mais aussi un accompagnement, et des conditions qui sont optimales en termes de retour et de visibilité. Nous sommes ravis de cette évolution. Si, l’année dernière, Daniel Wagener a pu bénéficier d’une sorte de commande, cette année, il y avait cette volonté de structurer le projet pour que la procédure soit la plus transparente possible, ouverte, mais aussi accompagnée par des professionnels.

Et en 2019, que pouvons-nous attendre? Il avait été question d’une exposition patrimoniale…

«Chaque chose en son temps. On sort juste de la première édition. Il y a eu un chemin important parcouru. C’est un partenariat qui est assez ambitieux, puisqu’il y a eu la création d’une structure, la fédération d’une scène, l’implication d’un certain nombre d’acteurs, la réflexion en commun d’outils qui sont en train de donner naissance à cette double exposition. Aujourd’hui, nous sommes concentrés sur la préparation de cette deuxième édition. On commence à réfléchir aux formes que pourrait prendre la troisième édition. Les discussions sont ouvertes pour ajouter peut-être un projet patrimonial ambitieux. Je ne suis qu’un discret directeur de festival, et pas un homme politique. L’édition 2019 me semble encore trop loin. Il faut voir si les objectifs que s’est donnés l’association, à savoir promouvoir le dynamisme de la scène luxembourgeoise, sont atteints, et quelle suite éventuellement on peut donner. Avant cela, il y aura déjà le retour à Luxembourg, au Cercle Cité, de l’exposition présentée à Arles cet été. Ce partenariat est un projet cohérent, qui déploie une force tranquille. Ce n’est pas parce qu’on est un des plus gros festivals de photographie qu’on promeut une standardisation ou mondialisation de la photographie. Nous voulons montrer la photographie dans toutes ses spécificités, qu’elles soient techniques, historiques, locales ou régionales. Nous sommes attachés aux marqueurs d’identité. Et la future exposition Lët’z Arles entre pleinement dans cette démarche.»

Sam Stourdzé pendant l'interview accordée à paperjam.lu

Du 2 juillet au 23 septembre 2018 dans la chapelle de la Charité, à Arles.

www.letzarles.lu

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