Nouvelles vedettes des fonds alternatifs

07 Décembre 2017 Par Camille Frati
CSSF
«Chaque AIFM autorisé peut, en théorie, gérer des Fiar et par conséquent les distribuer», indique la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF).
(Photo: Maison Moderne /archives)

Un peu plus d’un an après leur introduction dans l’arsenal de fonds luxembourgeois, les fonds d’investissement alternatifs réservés remportent un succès grandissant.

Trente ans après les Ucits, une nouvelle success-story mijote sur le feu grand-ducal. En un peu plus d’un an, 217 Fiar ont été créés, d’après la liste mise à jour sur le site du Registre de commerce et des sociétés. C’est en effet la spécificité et l’attrait de ce nouveau véhicule d’offrir une grande flexibilité et de bénéficier d’une supervision indirecte par l’intermédiaire de l’AIFM autorisé. «La directive AIFMD a placé la réglementation au niveau du gestionnaire de fonds alternatifs, alors que la logique adoptée jusque-là au Luxembourg était de réglementer directement le produit, à l’instar des véhicules comme les fonds d’investissement spécialisés (Fis) ou les sociétés d’investissement en capital à risque (sicar)», explique Lucienne Andring, senior business development manager – Professional banking services à la Banque de Luxembourg. «Cette double réglementation ne faisait pas de sens, alors que ces produits s’adressent à des investisseurs professionnels ou avertis.»

Désiré par l’industrie des fonds, le Fiar se présente donc comme un avatar du Fis et de la sicar, en plus flexible puisque «chaque AIFM autorisé peut, en théorie, gérer des Fiar et par conséquent les distribuer», indique la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF).

Deux tiers des projets de fonds qui nous sont soumis concernent les fonds alternatifs

Lucienne Andring, la Banque de Luxembourg

Le lancement du Fiar requiert donc un peu moins de temps – même s’il ne faut pas s’attendre à ce qu’un fonds se lance en quelques jours. «Il ne faut pas oublier que la banque dépositaire va quand même réaliser un travail de due diligence sur l’initiateur du fonds, l’AIFM et toutes les parties impliquées, et l’onboarding prend un minimum de temp», précise Lucienne Andring. «Nous gagnons vraiment du temps lorsque l’initiateur lance une série de Fiar puisque nous avons des économies d’échelle en termes de due diligence.» Et il faut encore que l’AIFM soit déjà agréé auprès de la CSSF.

Les fonds alternatifs représentent déjà 40 % des actifs en dépôt au niveau des fonds d’investissement à la Banque de Luxembourg. «Deux tiers des projets de fonds qui nous sont soumis concernent les fonds alternatifs et trois quarts d’entre eux concernent des demandes de Fiar ou de sociétés en commandite simple ou spéciale», note madame Andring.

Un modèle plutôt rassurant

Le Fiar confirme ainsi la solidité du marché des fonds alternatifs et la place de choix que s’est ménagée le Luxembourg. «La Place est connue pour le savoir-faire et l’expertise de ses asset servicers, et le Fiar est un instrument supplémentaire dans la boîte à outils du Luxembourg», conclut madame Andring. «Un bon quart des Fiar est géré par des AIFM hors du Luxembourg, ce qui veut dire que le produit est attractif dans un environnement cross-border», renchérit Marc-André Bechet, directeur Legal & Tax à l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi).

Le rythme d’enregistrement des Fiar s’est accéléré au fil des mois, pour atteindre une moyenne de 20 fonds créés par mois depuis l’été 2017. «La grande majorité de nos initiateurs de fonds ont déjà lancé des Fis auparavant et créent maintenant des Fiar pour gagner une flexibilité supplémentaire», commente Mme Andring. «Ce sont davantage ceux qui lancent leur premier fonds qui hésitent entre Fis et Fiar, parce que les Fis sont déjà bien connus de la part des investisseurs.»

Ces hésitations des débuts sont en train de se dissiper face à un modèle plutôt rassurant puisque les Fiar sont utilisables pour les mêmes classes d’actifs que les Fis, à savoir le private equity, l’immobilier, le venture capital, mais aussi les fonds de dette et l’impact finance. Qui sait, ils les supplanteront peut-être d’ici quelques années...

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