Maudit leasing

02 Avril 2010 Par Nicolas Raulot
La banque de l’avenue J.F. Kennedy affiche
de bons résultats opérationnels. (Photo: David Laurent/archives)

D’importantes provisions sur les activités de l’ex-Fortis Lease Group ont presque annihilé le résultat net consolidé de BGL BNP Paribas en 2009. Les actionnaires seront malgré tout très bien traités.

La crise pèse encore nettement sur les comptes de BGL BNP Paribas. Marquée par le rapprochement, toujours en cours, avec BNP Paribas, l’année 2009 l’a également été par de lourdes provisions, notamment inscrites sur les entités de leasing de l’ancien groupe Fortis (à hauteur de 368 millions d’euros) et dont BGL (ex-Fortis Banque Luxembourg) détient 100%. «Cette activité (Fortis Lease Group) a beaucoup souffert dans certains pays, comme la Roumanie, où les marchés sont déprimés et où les véhicules se vendent moins bien», a expliqué Carlo Thill, co-président du comité de direction du nouvel ensemble et candidat à la présidence de l’ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg). Celui-ci a également évoqué des fraudes.

Du coup, le résultat net consolidé se limite à 6,2 millions d’euros (normes IFRS), contre une perte de 107 millions d’euros en 2008, l’année noire au cours de laquelle le bancassureur belge Fortis a été sauvé de la faillite par les Etats belge, néerlandais et luxembourgeois et en partie racheté par l’établissement français. Le produit net bancaire de 2009 a progressé de 20% par rapport à 2008, à 1,215 milliard d’euros.

Ajout de réserves

La banque de l’avenue J.F. Kennedy affiche néanmoins de bons résultats opérationnels, avec des revenus nets d’intérêts de 555,7 millions d’euros (en hausse de 44%) et des commissions nettes de 219,8 millions d’euros (-16% par rapport à 2008). Le résultat net non consolidé calculé en Lux-Gaap (normes comptables luxembourgeoises) atteint quant à lui 432,4 millions d’euros (contre 30,6 millions d’euros en 2008), grâce à l’ajout de réserves accumulées au cours d’exercices précédents.

Plus de 330 millions d’euros seront reversés aux actionnaires à hauteur de leurs participations, c’est-à-dire BNP Paribas pour 65,96% et l’Etat luxembourgeois (34%). Ce dernier n’a pas l’intention de sortir du capital pour l’instant et empoche 112,2 millions d’euros dans l’opération. «L’Etat avait fait un grand effort et pris de grands risques en injectant 2,5 milliards d’euros», a rappelé Gaston Reinesch, président du conseil d’administration de BGL BNP Paribas et représentant de l’Etat.

Pour le reste, l’établissement insiste sur son statut de premier employeur bancaire du pays avec 4.000 salariés environ et écarte toujours l’hypothèse d’un plan social. «En 2009, nous avons engagé 61 nouveaux collaborateurs ainsi qu’une trentaine de stagiaires. Nous voulons maintenir une présence active sur le marché de l’emploi en 2010, développer les compétences et le sentiment d’appartenance au groupe avec à la clé 40.000 jours de formation», a assuré Eric Martin, co-président du comité de direction de BGL BNP Paribas.

Après l’acquisition de 100% de BNP Paribas Luxembourg par BGL BNP Paribas le 25 février dernier, les dernières étapes de la fusion sont prévues ce mois-ci, avec la migration de l’activité des fonds d’investissement vers BNP Paribas Securities Services et le 1er octobre avec l’intégration complète de BNP Paribas Luxembourg dans BGL BNP Paribas.