Marc Elvinger dans les camps des Rohingyas

07 Novembre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
Marc Elvinger Rohingyas
Le président de Friendship Luxembourg, Marc Elvinger, s’est rendu au Bangladesh fin octobre.
(Photo: DR)

L’avocat Marc Elvinger, président de l’antenne luxembourgeoise de l’organisation humanitaire Friendship, s’est rendu fin octobre dans les camps de réfugiés rohingyas au Bangladesh. Il nous livre son témoignage.

Depuis le mois d’août dernier, plus de 700.000 Rohingyas ont fui la Birmanie pour trouver refuge au Bangladesh voisin. Poussée à fuir la zone par les opérations de «nettoyage» menées par l’armée birmane, cette minorité musulmane a vu son sort mis en avant par l’immobilisme à son égard dont a fait preuve Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, conseillère spéciale de l’État et donc, désormais, personnage-clé du pouvoir à Rangoun.

Trop lentement, comme souvent, le monde s’émeut du sort de ce peuple apatride parqué désormais dans deux immenses camps de réfugiés au Bangladesh. Des camps qu’a pu visiter Marc Elvinger à la fin du mois d’octobre. Cet avocat bien connu de la Place est aussi le président de Friendship Luxembourg. Cette organisation bangladaise a développé différentes antennes en Europe.

Ce seront bientôt les plus grands camps de réfugiés du monde.

Marc Elvinger, avocat et président de Friendship Luxembourg

Fortement impressionné par la situation qu’il a pu voir sur place, il s’inquiète surtout de l’avenir de ces populations. «Avec plus de 700.000 réfugiés, ce seront bientôt les plus grands camps de réfugiés du monde. Sans que l’on puisse entrevoir la moindre perspective de sortie.»

Les camps Rohingyas au Bangladesh risquent de devenir une solution permanente.

Friendship a déjà installé quatre centres de soins de santé primaires et installé des ponts dans cette zone vallonnée du Cox’s Bazar, actuellement épargnée des pluies. «Mais en cas de pluies abondantes, on assistera fatalement à des éboulements de terrain», s’inquiète M. Elvinger, alors que, bientôt, c’est le froid qui s’installera.

La coopération remise en cause

Face aux exactions de l’armée birmane, le gouvernement luxembourgeois a déjà remis en cause sa relation avec la Birmanie. Depuis la démocratisation relative du pays, il s’apprêtait à faire de ce pays de l’Asie du Sud-Est un de ses partenaires privilégiés dans le cadre de la coopération bilatérale. Une visite du ministre luxembourgeois de la Coopération, Romain Schneider, a également été reportée à une date indéterminée.

Lors d’une conférence internationale des donateurs à Genève, le 23 octobre dernier, le pays a aussi annoncé une aide de 950.000 euros qui s’additionne aux 340 millions promis par la communauté internationale. «Un montant global qui ne sera sans doute pas suffisant, alors que ces gens, des femmes et des enfants pour la plupart, manquent de tout», observe encore Marc Elvinger.

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