Luxembourg, plutôt confortable pour les développeurs

31 Mai 2018 Par Jonas Mercier
Partant du principe que plus ce revenu est élevé, plus l’attractivité est importante, l’étude de Nexten.io révèle que Seattle, Boston et San Francisco tiennent le haut du classement. Luxembourg est en 12e position.
Partant du principe que plus ce revenu est élevé, plus l’attractivité est importante, l’étude de Nexten.io révèle que Seattle, Boston et San Francisco tiennent le haut du classement. Luxembourg est en 12e position.
(Photo: Licence C. C.)

Le revenu net que peut espérer un développeur au Luxembourg est presque trois fois plus élevé qu’à Paris, mais près de quatre fois inférieur à celui de Seattle ou deux fois inférieur à celui de Zurich, selon une étude de la start-up Nexten.io. Au niveau européen, le Grand-Duché se place dans le haut du classement.

La guerre des talents dans le secteur des nouvelles technologies n’est pas une vaine image. Carburant indispensable de l’innovation digitale, les développeurs sont chassés dans le monde entier. Mais quelles sont les villes qui ont le plus de chance de les attirer?

La jeune pousse luxembourgeoise Nexten.io, une plate-forme de recrutement spécialisée dans le secteur IT, a cherché à mesurer le revenu le plus juste auquel un développeur pouvait prétendre dans les 28 villes où l’écosystème ICT est le plus développé.

«Au départ, il s’agissait de données que nous voulions utiliser en interne, pour savoir où se trouvent les viviers de talents et quelles sont les villes qui en cherchent le plus», explique Éric Busch, le CEO de Nexten.io. «Nous avons été très attentifs à comparer les revenus réels dans chaque pays, en partant du salaire net moyen d’un développeur et en y déduisant le coût de la vie et de celui du logement.»

Mettre en balance le coût global d’un développeur pour l’employeur.

Éric Busch, CEO de Nexten.io

Partant du principe que plus ce revenu est élevé, plus l’attractivité est importante, l’étude de Nexten.io révèle que Seattle, Boston et San Francisco tiennent le haut du classement. Le revenu annuel net des développeurs y est, en moyenne, de 44.800 euros, 38.700 euros et, respectivement, 35.325 euros. Zurich, première ville européenne, arrive en 6e position (26.440 euros). Avec 13.300 euros, Luxembourg-ville arrive 12e, juste derrière Copenhague et Stockholm. De l’autre côté du tableau, on retrouve Milan (334 euros) et Paris (4.800 euros).

«La bonne nouvelle est que, même s’il existe des difficultés à recruter des profils IT au Grand-Duché, nous restons compétitifs au niveau européen», note Éric Busch. «Mais il est également important de mettre en balance le coût global d’un développeur pour l’employeur, car cela pousse les grosses entreprises comme les start-up à s’installer dans un pays plutôt qu’un autre», continue-t-il.

Sans surprise, ce sont les capitales de l’Est qui occupent le haut de ce classement. Luxembourg-ville arrive en 16e position, avec un coût total annuel moyen pour l’embauche d’un développeur de 58.800 euros… loin devant Zurich (83.700 euros) ou San Francisco (104.400 euros).

Des écarts qui se creuseront

Plus largement, l’étude de Nexten.io rappelle que la carence de profils IT est mondiale. Rien que pour l’Europe, le cabinet de consultance allemand Empirica estime qu’il manquera 500.000 ingénieurs en informatique en 2020. Une pénurie toutefois inégalement répartie.

L’Europe de l’Est continue en effet de former plus de développeurs qu’ailleurs sur le continent. Habituellement, ceux-ci décident ensuite de s’installer dans les capitales d’Europe de l’Ouest. Ce phénomène tend toutefois à diminuer, estime Éric Busch.

Il faut continuer à réfléchir aux moyens de développer l’écosystème start-up.

Éric Busch, CEO de Nexten.io

«On voit de plus en plus d’informaticiens roumains, ukrainiens ou polonais qui reviennent dans leur pays d’origine après un début de carrière à l’Ouest, car les salaires, comparés au coût de la vie, deviennent intéressants.»

L’implantation de grands groupes américains dans ces pays contribue également à rendre ces pays plus attractifs. «Je pense qu’au Luxembourg, il faut continuer à réfléchir aux moyens de développer l’écosystème start-up, pour qu’il atteigne une taille suffisamment importante pour déterminer les informaticiens à s’installer durablement, en leur offrant un maximum d’opportunités pour leur développement de carrière», conclut Éric Busch.

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