LuxairGroup tire profit du retour de la croissance

15 Mai 2018 Par Jean-Michel Hennebert

Les quatre branches du groupe aéronautique ont enregistré, en 2017, une amélioration de leur situation, même si l’airline demeure déficitaire, selon les données dévoilées lundi. Une situation liée principalement à un environnement favorable.

Une année au cours de laquelle la plupart des activités de LuxairGroup progressent est traditionnellement qualifiée de «bonne année» par les membres de la direction. 2017 n’a donc pas échappé à la règle.

Marquée par ce qu’Adrien Ney, CEO de Luxair, a qualifié lundi d’«un environnement positif» grâce notamment à «un prix de kérosène bas» et «l’absence d’incidents géopolitiques», l’année s’est donc conclue par une progression du résultat net du groupe, passé de 4,4 millions d’euros en 2016 à 9,5 millions en 2017. Même tendance en ce qui concerne le résultat d’exploitation, passé de -1,1 million d’euros en 2016 à 2 millions d’euros l’an passé.

D’année en année, nous réduisons le déficit.

Paul Helminger, président du conseil d’administration de Luxair

Mais derrière ces chiffres globaux se cachent des réalités bien différentes parmi les branches d’activité, puisque si LuxairTours, LuxairCargo et LuxairServices affichent des chiffres positifs, l’airline reste encore déficitaire. De -6,3 millions d’euros en 2017, contre -8,8 millions un an plus tôt.

«D’année en année, nous réduisons le déficit, le but étant d’arriver au point d’équilibre, mais les choses sont compliquées», estime Paul Helminger, président du conseil d’administration de Luxair, en faisant notamment référence à la concurrence désormais exercée par l’ancien actionnaire Lufthansa sur la ligne Luxembourg-Munich.

Résultats en forte hausse pour LuxairTours

«Depuis 2015, année du changement d’actionnaire, nous perdons de l’argent sur cette ligne sur laquelle nous en gagnions beaucoup auparavant.» Et Paul Helminger d’estimer que ces pertes «feraient le delta pratiquement pour combler le déficit actuel de Luxair». Plus prudent, Adrien Ney estime que «l’absence de concurrence directe sur cette ligne qui est à la fois historique et qui représente un marché énorme pourrait améliorer fortement notre capital», mais sans toutefois avancer de chiffres concrets.

La concurrence des compagnies low cost représente également «un défi», bien que le nombre de passagers transportés en 2017 par la compagnie aérienne nationale continue de croître, soit 1,9 million de passagers sur les 3,6 millions ayant transité par le Findel l’an passé.

Conséquence de la reprise économique, LuxairTours a vu son bénéfice annuel «presque tripler», passant de 2,2 à 7,2 millions d’euros entre 2016 et 2017. Éléments d’explication avancés: «Le retour de la confiance des consommateurs, notamment pour les destinations du Maghreb» et «le besoin essentiel de nos clients de partir en vacances», selon Alberto Kunkel, executive vice-president de LuxairGroup, qui annonce d’ores et déjà la mise en place de nouvelles destinations au catalogue, comme Ras Al Khaimah aux Émirats arabes unis ou la desserte du Maroc et de l’Égypte.

Même phase ascendante en ce qui concerne le fret, avec 940.000 tonnes prises en charge en 2017, faisant du Cargocenter du Findel la cinquième plateforme aéroportuaire européenne en tonnage, derrière Paris, Francfort, Amsterdam et Londres. En revanche, LuxairServices et ses activités de fourniture de repas aux passagers et de gestion des bagages voit ses résultats financiers reculer, le catering passant de 3,7 à 2,4 millions d’euros, le handling de 1,5 à 1,4 million d’euros.

250 emplois créés en 2018

Pour 2018, les prévisions du groupe se veulent «optimistes mais réalistes». Car si les données enregistrées entre janvier et avril par rapport à 2017 montrent une progression dans tous les secteurs d’activité, les doutes liés «à la hausse probable du coût du fuel» et la très haute volatilité de notre industrie, notamment en ce qui concerne la géopolitique», font qu’Adrien Ney et Paul Helminger jugent «prudent» de ne pas se prononcer pour le moment.

En revanche, la question du remplacement des Q400 à hélices doit être prise «d’ici la fin de l’année», la direction recherchant officiellement «un jet plus confortable pour les passagers et d’une capacité supérieure à 100 sièges», selon la définition livrée par le président du conseil d’administration. À ce stade, le Canadair Série C et l’Embraer 190 apparaissent tous deux comme «une option possible». Idem en ce qui concerne les embauches envisagées cette année puisque le groupe confirme la création de 250 emplois en contrat à durée indéterminée, liés principalement à l’activité de LuxairCargo.

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