L’OGBL veut des règles claires

13 Février 2018 Par Audrey Somnard
Stage d'étude
Si les stages conventionnés sont réglementés, ce n’est pas encore le cas des stages volontaires en entreprise.
(Photo: Licence C.C.)

Si les stages conventionnés sont désormais bien encadrés par la loi pour protéger les stagiaires contre les abus, il n’en est rien pour les stages volontaires. L’OGBL a rencontré le 6 février dernier le ministre du Travail, Nicolas Schmit, pour faire le point sur les besoins en matière de législation.

La branche «jeunes» du syndicat a amené le problème avec une campagne de sensibilisation en 2015: «Sois stage et tais-toi». L’action était double: rappeler aux jeunes stagiaires leurs droits, mais aussi interpeller le gouvernement sur certaines dérives. Par manque de législation, il n’existe aucune statistique sur les stages volontaires en entreprise au Luxembourg. De même qu’en théorie, les entreprises ne sont pas limitées dans le nombre de leurs stagiaires.

En raison de l’absence totale de législation encadrant les «stages volontaires» en entreprise, «force est de constater que le phénomène a pris de plus en plus d’ampleur au cours des dernières années, créant une situation inacceptable pour les jeunes gens concernés qui se voient ainsi projetés dans des situations précaires et incertaines», estime le syndicat dans un communiqué publié mardi.

Que le stage ne se transforme pas en stage photocopie-café

«L’OGBL plaide ainsi pour l’introduction d’une législation protégeant les stagiaires, leur offrant notamment la garantie que le stage qu’ils occupent comporte la dimension pédagogique nécessaire contribuant à compléter leur cursus. L’OGBL revendique pour cette raison la mise en place de critères qualitatifs clairs et précis dans le cadre de chaque stage», poursuit le communiqué.

Une délégation a rencontré Nicolas Schmit, car c’était la première rencontre organisée sur cette thématique depuis la campagne lancée en 2015. Si le ministre s’est montré à l’écoute, rien de concret n’est sorti de cette entrevue: «Il a déjà des idées sur la question», raconte Jean-Luc De Matteis de l’OGBL. «Donc nous espérons que les réflexions menées depuis 2015 seront prises en compte.»

Les raisons pour les stages volontaires sont multiples, mais l’important pour Jean-Luc De Matteis, c’est que le stage ne se transforme pas en stage photocopie-café, ou pire, en remplacement de travailleurs salariés: «Les abus sont possibles puisqu’il n’y a pas de règles», regrette le syndicaliste. «Nous demandons à ce que les missions du stage soient bien définies à l’avance, qu’il y ait un maître de stage, qu’il y ait une rémunération et une inscription à la CNS. Avec la multiplication de ces stages, les jeunes entrent de plus en plus tard sur le marché du travail, et c’est au moment de la retraite qu’ils s’apercevront qu’ils n’auront rien cotisé lors de ces stages.»

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