Liberté de la presse: le Luxembourg en 17e place

25 Avril 2018 Par Audrey Somnard
La liberté de la presse est menacée par l'hostilité du pouvoir politique envers les médias, estime RSF dans son rapport 2018.
La liberté de la presse est menacée par l’hostilité du pouvoir politique envers les médias, estime RSF dans son rapport 2018.
(Photo: RSF)

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié mercredi son classement mondial 2018 de la liberté de la presse. Le Luxembourg arrive à la 17e place, derrière la Belgique (7e), le Portugal (14e) et l’Allemagne (15e), mais devant la France (33e).

La défiance à l’égard des journalistes devient une menace, estime RSF, qui publie mercredi son classement mondial de la liberté de la presse, alors que le Luxembourg affiche une 17e position, en recul de deux places depuis les classements de 2017 et 2016.

L’affaire LuxLeaks a en effet laissé des traces, note l’organisation: «Le refus, en janvier 2018, de la Cour de cassation du Grand-Duché d’accorder le statut de lanceur d’alerte à Raphaël Halet, à l’origine du scandale LuxLeaks - un gigantesque scandale financier -, a terni l’image du Luxembourg. D’autant que la Cour avait accordé ce statut à son collègue du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) Antoine Deltour, cassant ainsi la condamnation en 2017 à six mois de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende pour son rôle dans ce scandale. Malgré la relaxe du journaliste Édouard Perrin en première instance et en appel, le Luxembourg apparaît clairement plus soucieux de dissuader la presse d’enquêter sur les pratiques d’évasion fiscale en cours dans le pays que de protéger la liberté d’informer dans l’intérêt du public.»

Selon le rapport de RSF, «l’hostilité revendiquée envers les médias, encouragée par des responsables politiques, et la volonté des régimes autoritaires d’exporter leur vision du journalisme menacent les démocraties».

Les États-Unis à la 45e place

Ainsi, la défiance des dirigeants à l’égard de la presse n’est plus l’apanage des régimes autoritaires, comme en Turquie (157e) ou en Égypte (161e). Les États-Unis de Donald Trump figurent désormais à la 45e position du classement, en recul de deux places. «Le président adepte du ‘media bashing’ décomplexé, en qualifiant les reporters d’‘ennemis du peuple’, use d’une formule utilisée autrefois par Joseph Staline», constate RSF dans son rapport.

Plus inquiétant, c’est en Europe que l’érosion se fait particulièrement sentir. Sur les cinq plus fortes baisses du classement 2018, quatre sont des pays européens: Malte (65e, -18), République tchèque (34e, -11), Serbie (76e, -10) et Slovaquie (27e, -10). La lente érosion du modèle européen se confirme, d’après RSF.

Publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de RSF, le classement mondial de la liberté de la presse permet d’établir la situation relative de 180 pays en matière de liberté d’information.

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