Les technologies infiltrent le marché de l’art

26 Octobre 2018 Par Jean-Michel Lalieu
Pierre Naquin, fondateur de Art Media Agency, voit la blockchain comme un outil d’avenir pour le marché de l’art.
(Photo: Lala La Photo)

La technologie ne reste pas étrangère au monde de l’art. Lors de la conférence «Art & Finance» de Deloitte Luxembourg ce vendredi, il a carrément été question des atouts de la blockchain et de l’intelligence artificielle.

La production artistique n’est pas incompatible avec la technologie, au contraire. Pour l’édition 2018 de sa conférence «Art & Finance», Deloitte Luxembourg a consacré la journée du vendredi à débattre du triptyque art-finance-technologie.

Parmi les orateurs invités, le jeune Monégasque Pierre Naquin, dont le parcours résume ce mariage présumé impossible. Fondateur et responsable aujourd’hui de Art Media Agency, il est devenu un important fournisseur de contenu pour les investisseurs intéressés par ce marché.

Mais il y a neuf ans déjà, à 27 ans, il créait Art Exchange, une plate-forme électronique qui permettait aux personnes intéressées de s’approprier un morceau d’œuvre d’art, en fonction de leur mise. Une manière différente d’investir, peut-être trop en avance sur son temps.

Un actif particulier

«L’idée était de proposer aux investisseurs de rentrer dans le monde de l’art avec des outils proches de la finance traditionnelle, et donc qu’ils maîtrisaient bien. Il s’agissait d’une nouvelle classe d’actifs, et rapidement nous avons ouvert 500 comptes pour des clients», explique-t-il à Paperjam.lu, en marge de la conférence.

Mais pour des exigences trop lourdes de conformité, le projet n’a pas pu tenir sur la durée. Pierre Naquin s’est alors tourné vers la fourniture d’informations, qu’il avait déjà développée en complément de la plate-forme.

«Nous avons lancé une publication digitale, qui a rapidement pris, et nous avons servi 250.000 abonnés après sept ans. Mais depuis trois ans, pour des raisons de rentabilité d’un modèle qui vit de la publicité, nous sommes passés à une publication papier. Même si cela peut paraître étonnant…»

Dans son dernier numéro, il a justement analysé les interactions entre art et technologie et est venu présenter ses conclusions lors de la conférence. «La technologie bouleverse le monde, et l’art n’y échappe pas.»

La blockchain pourrait donner de manière infalsifiable des renseignements sur la provenance d’une œuvre.

Pierre Naquin, fondateur de Art Media Agency

Il pointe notamment l’usage possible de la blockchain, qui pourrait fournir de véritables cartes d’identité pour les œuvres d’art. «Elle pourrait donner de manière infalsifiable des renseignements sur la provenance d’une œuvre, ses différents propriétaires ou les prix auxquels elle a été acquise au cours de sa vie. Et tout cela serait disponible à tout moment et pour tout le monde», nous explique Pierre Naquin.

Il note d’ailleurs que le premier apport de la technologie pour l’art a été la data. «Elle a toujours été importante dans le monde de l’art. Elle permet de créer des bases de données sur la valeur des œuvres, des catalogues des différentes expositions et offre des outils de comparaison entre pièces similaires.»

Intelligence artificielle

Et aujourd’hui, la fusion entre les deux mondes va jusqu’à l’étude des possibilités offertes par l’intelligence artificielle. «Elle permet deux choses», explique le spécialiste. «La prédiction sur la valeur que peut potentiellement prendre une œuvre; et la reconnaissance d’image qui permet des recherches dans des bases de données à partir d’une photo.»

Des évolutions qui font que, finalement, son projet Art Exchange pourrait rapidement redevenir d’actualité dans un marché qui a mûri et accepte mieux les nouvelles formes de collections et d’investissements.

La rédaction a choisi pour vous

25 Octobre 2018

  • Année de création: 2013
  • Nom du CEO: Elizabeth Rossiello
  • Nombre d'employés: 4 personnes
  • Secteur: Fintech et regtech
  • Site internet: www.bitpesa.co

Basée à la Lhoft, BitPesa a développé une plate-forme de paiement basée sur la blockchain bitcoin et destinée à offrir des services de transactions aux entreprises, principalement pour des transferts internationaux.

Le premier évènement organisé par Letzblock, attendu aux alentours du mois d’octobre, sera un hackathon dédié à la blockchain.

27 Juin 2018

LëtzBlock est le nom d’une nouvelle association qui entend rassembler les différents acteurs luxembourgeois autour de la technologie blockchain. Et pas seulement ceux du secteur financier. Lancée ce mercredi, elle a également comme ambition de positionner l’écosystème local au niveau européen.