«Les syndicats doivent faire un pas en avant»

09 Juillet 2018 Par Ioanna Schimizzi
De nombreux chantiers pourraient être impactés si les syndicats du bâtiment lançaient une grève.
De nombreux chantiers pourraient être impactés si les syndicats du bâtiment lançaient une grève.
(Photo: Maison moderne / archives)

Après les manifestations simultanées des salariés du bâtiment, organisées par l’OGBL et le LCGB jeudi dernier, le patronat réagit, avec en vue la première réunion de conciliation qui a lieu ce mercredi.

Après les manifestations des salariés du secteur organisées à Luxembourg-ville par l’OGBL (2.500 personnes dénombrées, selon le syndicat) et à Esch-sur-Alzette par le LCGB (pas de chiffre officiel revendiqué), dans le cadre de la négociation de la nouvelle convention collective de travail du bâtiment, le patronat réagit à cette démonstration.

«Je comprends que les syndicats mobilisent les salariés dans la rue, c’est leur rôle», explique Pol Faber, secrétaire général du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, «mais ce que je ne comprends toujours pas, c’est le fait que les syndicats aient saisi l’Office national de conciliation, puisque nous étions toujours en train de négocier».

Une grève possible

«La dernière réunion de négociation a eu lieu le 25 avril dernier. Le 18 mai, nous étions informés que le LCGB et l’OGBL avaient saisi l’Office national de conciliation, ce fut une grande surprise.» 

À compter de cette saisine, le conciliateur, «qui est un fonctionnaire d’État totalement indépendant», précise Pol Faber, dispose de 16 semaines pour trouver un accord entre le patronat et les syndicats. Si aucun accord n’est trouvé, «il fait une déclaration de non-conciliation, et là, nous pourrions nous retrouver face à une grève».

La période préélectorale «pour faire pression»

Le même Office national de conciliation a déjà été saisi à plusieurs reprises dans le secteur du bâtiment, notamment en 2013 lors des dernières négociations sur la convention collective. «Nous étions parvenus à un accord, mais cette fois l’échéance des 16 semaines, qui est début octobre, est très proche des élections législatives, le contexte n’est donc pas le même.»

Pour le secrétaire général du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, «les syndicats jouent aussi sur cette période préélectorale pour faire pression sur les politiques».

«Éviter le blocage de certains chantiers»

Face aux revendications des syndicats, qui concernent notamment une hausse des salaires réels et le refus de toute forme de flexibilité supplémentaire, et conscient qu’une grève des salariés est plus qu’envisagée, le patronat explique que «nous pourrons faire un pas en avant pour nous mettre d’accord, et ce afin d’éviter le blocage de chantiers comme celui du Royal-Hamilius. Mais les syndicats devront, eux aussi, faire un pas en avant. Chacun doit mettre de l’eau dans son vin, comme dans toute médiation.» 

Restant discret sur les efforts que pourraient réaliser les entreprises en termes d’augmentation de salaire ou sur le sujet épineux de la flexibilité, Pol Faber souhaite «rester optimiste» quant à une issue positive des négociations avant la date fatidique de début octobre.

Pour rappel, le secteur du bâtiment représente environ 18.000 salariés au Luxembourg.

La rédaction a choisi pour vous

Construction Bâtiment

16 Février 2018

Le patronat assure qu’il ne bloque pas les négociations pour un nouveau contrat collectif dans le secteur du bâtiment. Le Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics reproche des «contrevérités» et de mauvaises intentions de la part des syndicats.

15 Février 2018

Le patronat joue la montre, affirment les syndicats qui réclament des hausses des barèmes et des salaires réels. Ils rejettent la flexibilisation réclamée par les employeurs du secteur de la construction. Un déjà-vu.